Actualités
Archives de la revue

Recherche détaillée >
À faire, à voir
Retrouvez-nous sur
Facebook et Twitter !
La Communauté de Vie Chrétienne
www.cvxfrance.com
Centre spirituel du Hautmont
www.hautmont.org
Saint Hugues
www.sainthugues.fr
Question de communauté locale - Revue N°8 - Novembre 2010

Notre accompagnateur n’est pas bavard (1re partie)

Dans nos rencontres de communautés locales, l’accompagnateur est assez silencieux. Il  partage la prière avec nous, puis il intervient assez brièvement soit au moment de l’échange, soit à l’évaluation ; c’est tout. Pourquoi ne dit-il rien de sa propre vie pendant nos réunions ?
 
Notre accompagnateur cherche à repérer Dieu dans nos paroles et dans nos silences. Il est occupé à écouter et comment écouter mieux qu’en se taisant ? Le fait de savoir qu’il va se taire le rend plus disponible. Son écoute est moins « réactive » si elle n’est pas encombrée de ce qu’il pourrait dire de sa propre vie.

Quand on écoute, il est humain de mettre en relation ce qu’on entend avec ce qu’on vit et d’avoir envie de réagir : « moi aussi, j’ai… » ou « moi aussi, je suis… » L’accompagnateur sait qu’il ne dira pas que « lui aussi il… », et ainsi libéré par le silence qui lui est recommandé, il est plus ouvert à ce qui se dit de Dieu et de la communauté.

L’accompagnateur de communauté locale est à l’écoute de chacun, mais sa mission étant d’accompagner le groupe, il lui faut entendre aussi ce qui n’est pas dit, sentir le climat, repérer appels, résistances, conversions… Or il a besoin, pour cela d’un peu de recul, lequel recul est plus facile s’il ne prend pas part au partage. Par contre, si c’est la volonté du Seigneur, se mettant humblement à Son service, et grâce à sa position un peu extérieure au groupe, l’accompagnateur peut repérer plus facilement où Dieu se fait voir dans nos partages et nos échanges.
Quelque chose nous dépasse dans cette présence silencieuse. Certaines communautés locales sont privées d’accompagnateur pendant un temps et peuvent témoigner combien ce vide est lourd s’il dure. Sans aller jusque-là, nous avons peut-être expérimenté un jour une réunion sans notre accompagnateur. Regardons de près : Ce n’est pas les mots qu’il dit qui nous manquent ce jour-là (même si nous les apprécions !), ni sa figure (nous fut-elle sympathique !)… c’est autre chose que nous avons du mal à nommer !

Sa place est un peu spéciale : il ne fait pas partie de la communauté locale (même si sa personnalité la colore…). S’il prenait part au partage de vie, il entrerait de fait dans la communauté locale. En ne partageant pas au premier tour, il peut être ce tiers qui décentre notre communauté d’elle-même et matérialise une dimension qui la dépasse et d’ailleurs, sa propre présence silencieuse le dépasse lui aussi.

L’accompagnateur est pour notre équipe une oreille attentive qui se tait près de nous au nom de Dieu. Il est ce compagnon, qui, cherchant humblement à imiter Jésus sur le chemin d’Emmaüs écoute ses amis raconter comment ils ont compris les événements récents de leur vie.
Il nous fait la douceur de cheminer avec nous en silence de la part de Dieu.
Laissons Dieu prendre soin de nous à travers ce silence…
 
Hélène CASTAING
 
Impression Envoyer à un ami
Commentaires des internautes
Il n'y a pas de commentaire.
Réagir à cet article
Vous devez avoir un compte pour laisser un commentaire.