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Dossier "Vivre l'Eglise" - Témoignage Cécile

Dans la revue n°17, de mai et juin 2012, le thème que nous avons choisi d'aborder, "Vivre l'Eglise", était délicat à traiter (voir l'éditorial).
Ce témoignage fait partie du dossier, en plus des quatre témoignages déjà présents dans la revue.


Incompréhensions et souffrance

 La forêt et les hauteurs au dessus de la ville ont attiré les élites sociales de l’agglomération. Avec elles, ma paroisse a changé. Les choses ont été prises en main : chorale avec orgue à la place de l’harmonium, rénovation du mobilier liturgique, homélies mobilisatrices et musclées pour réunir des groupes divers avec une affluence en hausse. Enfin, une paroisse active qui roule… sauf, que moi d’origine modeste, je n’y trouve plus ma place. Je me sens décalée, submergée par le nombre, l’entregent qui exclut, la suffisance et le jugement de ceux qui savent et qui croient sans le moindre doute. Est-ce une église ou un club ? Je suis perdue car moi, j’ai mes crises de foi.
 
Nos trois enfants ont fait du scoutisme. Ils y ont gagné d’être debout et s’investissent aujourd’hui dans la vie associative locale. Deux d’entre eux ont divorcé et sont plus heureux avec leur nouveau conjoint. Leur relation de couple était morte et la seconde les vivifie. Pour eux, le discours de l’Eglise sur leur situation est incompréhensible. Trop de juridisme aveugle en contradiction avec la Bonne Nouvelle qu’ils avaient cru entendre. Ils se sentent rejetés et l’attitude de la majorité des chrétiens de ma paroisse ne les fait pas mentir. Ils ont coupé les ponts  avec toute instance d’Eglise et toute pratique. Sans faire de bruit. Mon mari aussi. Et moi, je souffre de les voir partis, mais je les comprends. Quel gâchis et quelle perte pour l’Eglise.
 
J’assure une présence chrétienne à l’hôpital psychiatrique et dans un établissement fermé d’enfants confiés à la DASS. A ces exclus de la société, avec quelques-unes, nous essayons d’apporter la Bonne Nouvelle. Le prêtre qui nous accompagnait est décédé et n’a pas été remplacé. L’évêché nous a fait comprendre qu’il y avait sans doute plus de profit à visiter des publics plus réceptifs à notre catéchèse; l’aumônier ne serait pas remplacé. « Que les laïcs se prennent en charge » a été la phrase décisive pour que les équipes se dispersent.
 
A tout niveau, les contre témoignages de l’Eglise sont destructeurs. Ils la discréditent dans le meilleur qu’elle a à annoncer et font fuir ses forces vives. Je suis fatiguée de lutter. Mais la prière avec la Parole me tient encore en lien avec le Seigneur, me nourrit et me console. Je vais dans des paroisses plus simples et plus vraies, mais vidées de ses fidèles. J’anime encore quelquefois des célébrations à l’hôpital psychiatrique. Là se goûte l’Evangile que nous lisons ensemble. Ils ne sont pas si fous.
 
Cécile