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Faire communauté - Revue N°36 - Juillet 2015

témoignages des participants au week-end 2015 de l'atelier justice

 
 
CONFERENCE « LE SENTIER PERILLEUX VERS LA DECISION DE JUSTICE
AUTOUR DU LIVRE DE FRANCOIS SUREAU : LE CHEMIN DES MORTS
 
 
L'atelier national CVX Justice a décidé de greffer son week end de l'année 2015
sur la Conférence organisée en partenariat entre l'atelier Marseillais et le Centre de la Baume Les Aix
Cette conférence constituait une première pour l'atelier marseillais,
né voici 10 ans de la rencontre entre Olivier, avocat et moi-même, magistrat,
qui avions été marqués par  notre expérience forte lors de la session de l'été 2005
de l'atelier national et qui avions ressenti le besoin de
poursuivre l'expérience sur Marseille, aidés en cela  par Michel BARAZZONE
et François Xavier BOCCA, jésuites.
 
Une première pour l'atelier local mais aussi pour l'atelier national
car les initiateurs de l'organisation de la Conférence du Samedi après-midi
autour du livre et en présence de François SUREAU,
ont souhaité ouvrir cette manifestation à des acteurs du monde judiciaire
et de l'accompagnement des migrants mais également à toute personne
intéressée par la question des migrants et  celle de la justice.
 
Nous avons ainsi fait preuve d'audace pour faire cette proposition
dans nos milieux professionnels respectifs et dans nos entourages (familles, paroisses etc..).
 
Nous étions plus de cent le 14 mars à écouter François SUREAU,
guidés par Christian BRUSCHI, professeur de Droit et avocat ,
autour de son livre « le Chemin des Morts » qui retrace
l'expérience vécue par celui ci , alors magistrat au sein de
la Commission Nationale du Droit d'Asile, aujourd'hui avocat,
lors du jugement d'un réfugié politique basque d’origine espagnole,
et livrant son discernement sur ses désolations et consolations
dans le traitement de cette situation humaine fortement interpellante
 
Après ce témoignage ce fut celui de Jean Yves CONSTANTIN
autour de son expérience de prêtre ouvrier auprès des migrants,
puis Jean Yves MARTORANO, magistrat, sur la question de ce
que pouvait représenter pour lui l'expression « Juger en conscience ».
Enfin , parole à la défense, Olivier GIRAUD, avocat, discouru
sur le rôle de « résistant », de veilleur et  de militant de l'avocat
dans la pratique de la défense de la cause des étrangers.
 
Ensuite, quatre sous-groupes d'échanges ont été constitués où
chacun a pu partager à partir des deux questions posées :

1: en quoi ce que j’ai entendu rejoint-il mon expérience personnelle ou ma pratique professionnelle ?

2 : par quels moyens peut-on, selon moi, contribuer à la manière décision de justice ?
 
 Enfin, après une remontée des carrefours en grand  groupe, un riche débat a pu s'instaurer entre tous.
 
 
Les membres de l'atelier national justice ont  poursuivi leur week end
le samedi soir et le Dimanche à partir d'une méditation sur le procès de Jésus.
 
Le parallèle a été fait à juste titre par un membre de l'atelier entre
la possible erreur judiciaire retracée  par François SUREAU dans son livre
et la plus grande erreur judiciaire de tous les temps,
celle commise lors du procès de Jésus (cf. témoignage de Natalie ci-dessous).
 
Beaucoup de personnes d'horizon très divers nous ont fait part
de la richesse de ce temps y compris François SUREAU lui-même lequel
a pu nous livrer l'impression suivante : « j'ai été frappé par la qualité
des échanges. Et cela malgré la diversité des points de vue. C'était extrêmement réconfortant! »

 
Nous avons réuni des témoignages de quelques participants que nous vous livrons ci-dessous .
 
Paula
 
 
 
 
1. Témoignage d'Olivier, avocat, membre CVX de l'atelier Justice ,
intervenant lors de la Conférence et initiateur du projet :

 
"lire un ouvrage peut être un choc salutaire. 
 
Ici, cheminer dans un discernement étonnant de vérité,
de lucidité et d'interpellation, comme le fait François SUREAU
dans le "Chemin des Morts", récit du trajet d'une demande
de statut de réfugié politique d'un intellectuel basque
espagnol en France jusqu'au Cimetière dans son pays basque
espagnol m'a instantanément contraint à m'orienter vers
mon expérience de partage dans l'Atelier Justice de la CVX,
pour profiter de cet incroyable exercice et le partager. 

 
Ce parcours décrit, qui nous concerne tous, acteurs de la justice,
nous questionne sur les forces et faiblesses de nos missions,
leur mécanismes et leurs effets.

 
De là cette idée de rassembler ceux qui ont aimé et
goûté ce livre du juge et sa relecture si douloureuse.

 
Et cela a donné un temps de préparation fructueux
pour chercher les approches diverses d'appréhension
du processus de l'acte de juger. Une présentation riche
d'un accompagnant de celui en demande de compréhension
pour l'accès à un statut, sur celui qui doit juger et
de celui qui doit conseiller et défendre. 

 
Des carrefours ou chacun a exprimé son attente
et sa lecture de cette dynamique humaine si complexe et riche.

 
Puis un grand partage sur notre regard et notre interpellation
sur le traitement des personnes en souffrances sollicitant asile dans notre pays.

 
Ce sentier périlleux nous a permis ensuite de vivre
un temps d'atelier dont la CVX peut être fière tant l'ouverture
au monde était perceptible et la rencontre d'univers divers possible.

 
Signe d'espérance donc mais aussi de profondeur d'échanges
entre des personnes de bonne volonté, qui, au delà de leur différence,
 acceptent, dans les pas du Christ, de se mettre en marche pour ouvrir des chemins de vie.

 
 

2. Témoignage de Pierre
 
Invité par Paula, pour participer à un colloque CVX sur la justice,
sur la façon dont chacun exerce son métier, ses fonctions,
avec le désir d’un approfondissement humain et spirituel
tout à la fois, j’ai accepté de participer au colloque du
samedi après-midi. Médecin, moi-même, je n’ai pas
une grande connaissance de la justice. 
Ainsi, peu à l’aise  sur ce terrain, je découvris le milieu de la justice.
Et ce fut intéressant de tenter de comprendre les problématiques
de cette corporation par rapport  aux difficultés humaines
en jeu dans le rôle du juge et du défenseur,
du côté des victimes et du côté des accusés.
Le discours très brillant de François Sureau pour s’exprimer,
très clair, amusant, voire piquant, aussi plein de ressources
dans l’usage du suspens et dans la façon de raconter les faits,
nous a tous, je crois, accrochés.
Pour le reste, je n’ai pas pris de notes et suis bien embarrassé
aujourd’hui pour donner une impression. 
Plusieurs intervenants avaient certes un langage un peu technique,
quelques sigles étaient totalement incompréhensibles pour moi et
demandaient explication. Evidemment, dans les congrès médicaux,
on utilise aussi beaucoup de concepts étranges et incompréhensibles.
Mais j’ai trouvé très intéressante cette recherche d’une justice plus ouverte,
mieux adaptée à la misère humaine et aux nombreuses questions
difficiles que cette misère pose. Somme-toute, en tant qu’électeur,
je souhaite que notre justice « républicaine » ait d’avantage de
moyens en hommes et en femmes pour remplir sa mission,
car le temps m’a paru un facteur important dans les débats de cette journée.
 
 
 

  1. Témoignage de Natalie, magistrat administratif, membre non CVX de l'atelier justice
 
 
Samedi 14 mars, réunion de l’Atelier Justice à La Baume
pour réfléchir sur le thème de la décision de justice et prier
à partir de tableaux magnifiques sur le procès de la plus grande erreur
judiciaire de tous les temps, la condamnation du fils de Dieu, le Christ,
au terme d’un procès où un juge a renoncé à sa tâche et
suivi le verdict de la foule. Anéantissement.
L’étymologie de ce mot verdict suggère que ce qui est dit
par le juge est vérité : or il y a loin de la vérité judiciaire à
la vérité et hier comme aujourd’hui, des institutions qui se
prennent pour des juges n’aiment pas toujours la vérité. 

Dans la tâche du juge, se trouve donc la recherche de la vérité,
un élément commun à la conférence de F. Sureau et
aux « actes du procès » du Christ, condition pour un espace
de liberté et d’émancipation, d’écoute en profondeur,
pas un moment pour bisournous, car le mal existe y compris en soi.
« Dis-tu cela de toi-même ? » ou est-ce en fonction d’une pression interne
ou extérieure ? Invitation à entrer en soi-même et dans les textes.
 
 
 
 
4. Témoignage de Jacqueline, très investie en paroisse et très sensibilisée, en tant que camourenaise, à la question de l'étranger :
 
Un grand merci à mme Paule dubois pour mon invitation
à cet émouvant après-midi de partage, et de débats sur la situation
du demandeur d'asile en France, avec certains de ses pairs
de la magistrature sous la direction de Mr François Surreau.


    Qui ne se laisserait pas prendre aux tripes par les récits horribles
de tous ces migrants ( insensés ou fous) qui, au péril de leur vie,
n'hésitent pas à braver des obstacles innommables, pour accéder
à une vie meilleure en Europe?!
Lorsqu'il est question d'échapper aux guerres, persécutions,dictatures...
Certainement pas tous ces  magistrats qui, cet après-midi-là
à la sainte Baume, ont mis le cas du demandeur d'asile
au coeur de leurs préoccupations. Sans vouloir refaire les lois
ou faire  des jurisprudences à tous vents, quelle serait la
meilleure réponse juridique et humaniste ou humaine à
appliquer à chaque cas? Voilà en gros la quintessence
de leurs questionnements .Avec le flux migratoire des arrivées
de ces derniers jours, leurs préoccupations iront certainement
grandissantes. Puisse La sagesse de Dieu éclairer les
préoccupations de tous ces Hommes de lois pour mieux
défendre les intérêts et  statuer sur le cas du demandeur
d'asile en Europe.

 
 
5.Témoignage de Virginie et Sylvie : Greffières du Tribunal de Grande Instance de Marseille
 
 
La première chose qui ressort du récit de l’auteur c’est
l’inadaptation de notre institution à pouvoir traiter les demandes
d’asile avec sérieux et humanité. Les dossiers sont, en effet,
“étudiés“ très rapidement, de façon uniforme, sans que les réelles
situations de détresse ne puissent sortir de la masse.
Le demandeur d’asile n’existe pas vraiment dans la procédure
et il y a peu de chance pour que sa cause soit entendue.
 
Nous avons été très admiratives de l’engagement des bénévoles,
de leur abnégation, de leur activisme serein et de la détermination
sans faille qui les animent. Des personnes en particulier ont retenu
notre attention, notamment, cette gynécologue qui a fondé
une association de “familles d’accueil“ pour les demandeurs d’asile.
Les familles en question logent les étrangers pendant le temps
que dure l’instruction de leur demande.  De la même façon,
le récit du prêtre ouvrier nous a émues lorsqu’il a expliqué
la difficulté pour les demandeurs d’asile à se livrer, par manque
de confiance en l’autre, telles des bêtes traquées,
y compris lui même qui est pourtant là pour les aider. 
 
Un grand bravo à François SUREAU qui a su captiver notre attention
par le récit de son vécu et  pour avoir partagé avec nous  son ressenti,
tout cela avec beaucoup d’humanité...et d’humour.
 
Merci également aux organisateurs de cette journée, parfaitement orchestrée, et pour la qualité des intervenants qu’ils ont invités.
 
Sylvie et Virginie
 
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