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Ecole de prière - Revue N°22 - Mars 2013

Prière guidée : la parabole des talents

Au cours de semaines de prière accompagnée, il est parfois proposé un temps de prière guidée. De quoi s’agit-il ? La demande des participants est celle des disciples : « Seigneur, apprends-nous à prier ». La prière guidée est un apprentissage, elle donne un cadre, des repères aux retraitants qui pourront ensuite se lancer seul dans l’aventure. Ce temps est ponctué d’interventions de l’animateur et de temps de silence. Florence Corpet nous livre son expérience à partir de la parabole des talents.
 

Je lis le passage de la parabole des talents (Matthieu 25, 14-30).


Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Un homme, qui partait en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l'un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s'occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n'en avait reçu qu'un creusa la terre et enfouit l'argent de son maître. Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s'avança en apportant cinq autres talents et dit : 'Seigneur, tu m'as confié cinq talents ; voilà, j'en ai gagné cinq autres. -Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. 'Celui qui avait reçu deux talents s'avança ensuite et dit : 'Seigneur, tu m'as confié deux talents ; voilà, j'en ai gagné deux autres. -Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t'en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. 'Celui qui avait reçu un seul talent s'avança ensuite et dit :'Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n'as pas semé, tu ramasses là où tu n'as pas répandu le grain. J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient. 'Son maître lui répliqua : 'Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n'ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l'ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l'aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l'abondance. Mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents ! '

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Cette page d’Ecriture est une parabole, un enseignement sous forme de comparaison. Chaque élément n’a pas nécessairement de sens. Aujourd’hui je reçois cette parole de Dieu, non comme une page de morale, mais comme une invitation à quitter un savoir sur Dieu pour entrer dans une expérience de foi, à reconnaître tout ce que Dieu me donne et à inventer comment faire fructifier ce qui m’est donné.
 
Je prends le temps de me laisser accueillir par le Seigneur et lui demande la grâce d’être sincèrement présent à Lui pendant ce temps de prière.

Je lis lentement le texte.

Je compose le décor en m’imaginant devant un trésor magnifique, de belles et bonnes choses qui me sont données.

Je demande à Dieu ce que je veux et désire, en m’inspirant d’Ignace ce peut être « la connaissance intérieure de tout le bien reçu du Seigneur, afin que, le reconnaissant pleinement, je puisse l’aimer et le servir davantage ».

Je médite le texte en me laissant guider.
 
Un maître confiant et généreux
 
« Un homme qui, partant en voyage, appela ses serviteurs et leur confia ses biens. » Je regarde cet homme. Que fait un homme riche qui part en voyage habituellement ? Il fait garder sa maison pour que les voleurs ne puissent pas venir. Je regarde donc de plus près cet homme différent des autres. Il n’imagine pas que son trésor puisse rester enfermer, alors, avant de partir, il confie ses biens les plus précieux ; il donne abondamment, généreusement. Quelle confiance ! Je prends le temps de regarder cet immense trésor qui ne peut rester enfermer, qui est confié aux hommes.

Le maître part au loin, pleinement confiant en laissant chacun responsable. Il ne donne aucune consigne à ses serviteurs quant à ce qu'ils devront faire de l’argent confié. Il ne leur dit pas de le faire fructifier. Il se retire en leur laissant l’espace pour créer, pour inventer leur vie. Il se conduit, avec eux, comme un père avec ses enfants. Il s’absente, comme le créateur entré dans le repos du septième jour, laissant l'homme à sa liberté pour qu'il gère lui-même la création (Genèse 1).

Je me laisse toucher par cet homme, image de Dieu qui donne en surabondance, Dieu qui remet la création à l’homme, qui me laisse l’initiative.
 
Une fausse image de Dieu
 
Je fais un détour par le troisième serviteur pour ne pas me tromper sur le cadeau reçu. Ce serviteur enterre sa part. Il vit comme s'il n'avait rien reçu, sans différence entre l'avant et l'après. Pour son entourage, le bien confié est invisible ; il n'est utile à personne ; il n'entre pas dans le courant de la vie ; il ne peut être connu, multiplié... Cette partie du bien confié est comme « morte ».

Je vois la peur du serviteur et la façon dont il enferme le maître dans une image qu'il s'est construite. Il « sait » : « Maître, je savais que tu es un homme dur, j’ai eu peur ». Comme Adam, il prétend savoir distinguer le bon et le mauvais et, pour lui, le maître est mauvais. Il s’enferme dans une « connaissance sûre », il ne s’ouvre pas à l’expérience qui lui est proposée : vivre dans la confiance du don reçu. Croire que Dieu est vraiment Amour, tel est le défi qui m’est proposé. Croire que vraiment ces biens me sont confiés pour vivre, sortir de la peur qui me stérilise et entrer dans la confiance.

Je réfléchis à ces différentes images du maître et, au delà, aux images que je me fais de Dieu. Une image que je construis à partir de ce que je sais ou que je reçois dans une expérience vivante ?
 
La fécondité de l’amour

 

Je regarde maintenant les deux premiers serviteurs : ils reçoivent un trésor et aussitôt que font-ils ? « Il s'en alla les faire valoir et en gagna d’autres ». Les deux premiers serviteurs ont fait fructifier les talents qui leur avaient été confiés. Voici quelque chose qui n'était pas là au départ : le fruit de leur travail. Ils usent du bien confié et reçu et en produisent du nouveau bien. Ils ont conscience  du don qui leur a été fait, ils ont conscience aussi de la valeur de leur travail. Je les regarde, hommes debout, en action. Habités par la confiance qui leur a été faite, ils peuvent tout oser, tout risquer. La confiance du maître suscite de la nouveauté, de la vie. Je prends le temps de considérer le travail de cette confiance en moi.

Longtemps après, le voyageur revient. J’imagine le bonheur du maître écoutant les deux premiers serviteurs présenter le fruit de leur propre travail. « Seigneur, dit le serviteur, tu m’as remis cinq talents : voici cinq autres talents que j’ai gagnés. » Et la réponse du maître « Viens te réjouir avec ton maître. » Après sa fortune, c’est sa joie qu’il donne en partage. Je me réjouis de cette image de Dieu qui est ainsi révélée : Dieu infiniment donateur de bien et de joie.

Le maître connaît ses serviteurs et leur confie son trésor à chacun selon ses possibilités. Le cadeau reçu n’est pas écrasant, il est à la mesure des capacités du serviteur. Cependant, la réponse du maître est exactement la même pour les deux serviteurs. Je n’ai pas à me comparer au voisin et à envier ceux qui  font mieux que moi, plutôt à m’en réjouir avec le maître.
 
Coeur à coeur
 
Je parle à Dieu comme un ami à son ami, je lui dis ce qui monte de mon cœur devant la démesure  des dons qu'il me fait, devant la liberté qu'il me laisse de les faire fructifier ; je parle avec Lui de ce que je pourrai faire maintenant et lui demande son aide. Je termine en union avec tous les Chrétiens en disant Notre Père.
 
Florence Corpet


Des semaines de prière accompagnée (SEPAC) sont proposées dans les paroisses par certains diocèses, souvent en lien avec CVX. Elles permettent d'expérimenter des manières de prier et de parler de sa prière avec un accompagnateur.
 
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Commentaires des internautes
Kthy le 03/04/2013 à 13:02

Cet article tombe au moment où j' attendais des réponses,il est super! il a répondu à ma question ;une question qui me trottait dans la tête depuis le début de la soirée et cela concerne le travail.
L' esprit Saint sait nous guider , Dieu a réponse à TOUT dans notre coeur, il suffit de lui demander avec le coeur...Et cette morale est valable pour chaque jour de notre vie.
J' aimerais qu 'il y ait d' autres articles de ce genre -là sur notre vie quotidienne.Le choix de la parabole est trés bien.
Merci.
Merci INFINIMENT Seigneur!!!!!

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