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Ecole de prière - Revue N°35 - Mai 2015

prier sous forme d'un dialogue contemplatif

Cette manière de prier, en groupe de personnes qui se connaissent
ou non, en communauté locale ou paroissiale ou autre, est une
prière communautaire, comme la liturgie des Heures ou l’Eucharistie.
Elle a donc nécessairement une forme précise : un commencement,
une manière de procéder, une fin.

Il s’agit d’un dialogue c’est-à-dire que la manière dont chaque
participant accueille la Parole retentit dans le coeur des autres
et transforme leur propre prière, comme dans tout dialogue interpersonnel.
L’adjectif « contemplatif » indique que cette manière
de prier donne une large place aux sens.
Le passage de la Parole de Dieu sur lequel prier
est donc un récit qui donne à voir, à entendre, à sentir, à goûter, à toucher.

Comment s’y prendre ?


Choisir un lieu propice au recueillement et à la prière, où les participants
peuvent se mettre en demi-cercle. L’animateur explique
la manière de prier, il reprendra ensuite chaque étape brièvement.
Un chant peut aider à entrer dans ce temps de prière, à faire
le calme en soi, à se tourner vers le Seigneur.
Comme au début de toute liturgie, le chant rassemble
les participants avec ce que chacun porte en lui-même
à ce moment-là, il aide à faire communauté.

L’animateur lit, ou mieux raconte, le récit. Il invite à visualiser
la scène et à écouter.
Entendre, sans lire, permet souvent de redécouvrir le récit avec une
certaine nouveauté. Les participants écoutent la Parole en se
laissant toucher par ce qu’ils voient, entendent, sentent…

Après quelques instants de silence, chacun dit comment il
accueille cette Parole, ce qui le touche. Le langage est vraiment
celui des sens, très simple : « je vois Jésus qui touche le lépreux »,
« j’entends le murmure des pharisiens», je « sens » le parfum versé sur les pieds de Jésus…

Il ne s’agit donc absolument pas d’une réflexion, d’un partage
d’idées ni d’une explication tant soit peu exégétique.
Entre chaque prise de parole, laisser quelques instants de silence
pour intérioriser ce qui a été dit.
Lorsque la personne désignée pour commencer le partage a
exprimé ce qu’elle souhaitait dire, elle peut signifier qu’elle
a fini de parler en transmettant, par exemple, un petit lumignon.
Si l’un ou l’autre participant ne désire pas parler, il passe à son
tour le lumignon sans rien dire.

Ce premier tour, à partir de ce qui est perçu par les sens,
donne déjà au récit une densité, une épaisseur nouvelles.
Certains voient, entendent, sentent ce que d’autres ne voient pas
d’emblée ou n’entendent pas, ils s’entraident ainsi à recevoir la
Parole de Dieu de manière plus profonde.

Ce premier tour terminé, l’animateur peut relire le récit.
Puis il invite chacun à dire, toujours dans le même ordre, comment
ce qui a été dit par tel ou tel a retenti dans son coeur, l’a
touché ou a modifié sa manière de voir ou d’entendre :
un regard, un geste, une parole qu’il n’avait pas perçu et qui prend sens…
Ce n’est pas encore le temps où l’on s’exprime sous
forme de prière. Il s’agit encore d’accueillir la Parole, de la laisser
résonner en soi.

Après un nouveau temps de silence, commence le troisième
tour. L’animateur invite à s’exprimer sous forme de prière.
Qu’il s’agisse alors d’une demande, d‘une action de grâces ou d’une
intercession, la prière exprimée par chacun est bien sûr personnelle
mais marquée, enrichie, par ce qu’ont partagé les autres.
Là encore, laisser quelques instants de silence entre chaque
intervention pour faire sienne la prière de l’autre.

Quand tous les participants se sont exprimés, l’animateur
conclut par une oraison qui reprend l’essentiel de ce qui a été
dit, puis tous disent le « Notre Père ». On peut aussi terminer
par un chant ou un refrain approprié.

Quels fruits ?

Certains fruits sont déjà perceptibles dans ce qui a été dit précédemment :
écouter le partage des autres élargit sa vision du texte,
fait prendre conscience de telle ou telle attitude ou parole qui n’avait
pas eu de résonance pour soi au départ.

Cette manière de prier, en groupe, est en quelque sorte une « école de prière » :
elle initie en particulier à la contemplation.
Elle aide aussi à simplifier sa prière personnelle
et à s’y engager davantage.
La mobilisation des sens dans l’accueil de la Parole ne supprime pas
le rôle et la place de l’intelligence et de la mémoire.
Au contraire, en touchant mon coeur, elle permet
par la Parole de faire comprendre ce que le Seigneur cherche à me
dire de manière singulière.

À qui proposer un « dialogue contemplatif » ?


Tout groupe, y compris des personnes peu habituées à prier
avec l’Écriture, peut en faire l’expérience avec grand profit.
Les jeunes, et même les enfants, entrent très bien dans
cette manière de prier.
La proposition faite régulièrement dans une école primaire, à des enfants
à partir du CP, montre qu’ils en tirent un vrai fruit.
Cette pratique peut aider particulièrement des
personnes qui ont tendance à prier de manière très cérébrale.
Même si certaines personnes peuvent vivre le mode de déroulement
comme un carcan et rester au niveau des idées,
osez expérimenter cette manière de prier.
Marie-Thérèse Deprecq
RSCJ
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