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Malaise avec un proche

 
Comment dépasser le manque de reconnaissance qui douloureusement affecte la relation avec un proche ? Oser une parole, nommer ce qui nous fait souffrir, sans rien attendre de l’autre, peut nous libérer et nous aider à accepter la réalité.
 

J’avais depuis longtemps un conflit larvé avec l’un de mes frères. Venant juste avant moi dans la fratrie, il s’était toujours posé en protecteur et un peu supérieur. Je ne me sentais pas vraiment respecté. Devenu adulte, cela me pesait fortement et j’avais du mal à supporter certains de ses comportements récurrents, notamment le fait d’avoir toujours un contretemps de dernière minute qui le mettait systématiquement en retard dans nos rendez-vous, sans pour autant s’en excuser réellement. Et quand il était là, il me donnait l’impression de n’être jamais totalement présent, que je ne comptais toujours pas vraiment pour lui. Mais je ne lui avais jamais rien dit : chaque fois que nous nous retrouvions, alors que j’avais fulminé par avance, me préparant à sortir la hache de guerre, je me sentais désarmé dès qu’il paraissait devant moi, incapable de lui montrer mon mécontentement. Toute ma colère tombait momentanément, et la rencontre se passait apparemment plutôt bien, même si je trouvais qu’il occupait beaucoup de place. De ce fait, je ne savais même pas s’il se doutait de ce que je ruminais contre lui. Alors, je m’efforçais de minimiser, voire d’oublier ; mais la fois suivante, le même scénario se reproduisait, invariablement. J’avais fini par renoncer ; intérieurement j’avais « tiré le rideau », je m’étais fermé, définitivement pensais-je.
 
Au fur et à mesure que le temps passait, notre père prenait de l’âge. Un jour, je me suis projeté en pensée à son enterrement, mon frère et moi de part et d’autre de son cercueil, avec toujours cette colère en moi, et tout d’un coup cela m’a paru insupportable ; cette animosité ne pouvait plus durer. Je décidai de rencontrer mon frère en prenant rendez-vous, le prévenant que « j’avais des choses à lui dire » en tête à tête. Je me préparai à ne pas être agressif, mais à pouvoir lui dire calmement ce que je gardais sur le cœur depuis tant d’années. Je ne savais pas comment il réagirait. Il m’a écouté sans m’interrompre et m’a finalement remercié de ma démarche. Au sortir de cette rencontre, je me sentais léger, en paix.
 
Concrètement, cela n’a pas changé fondamentalement nos relations mais je cessai de m’énerver intérieurement contre lui. Je crois que j’avais enfin accepté cette part de lui-même qui auparavant m’agaçait tant.
 
Quand notre père est mort, il nous a été donné d’être les deux seuls présents à ses côtés dans ses derniers instants ; nous avons pu vivre ce moment côte à côte dans une grande douceur, ce qui n’aurait pas été possible si je n’avais pas fait la paix avec mon frère auparavant. Je crois que nous avons pu atteindre en nous ce lien profond qui nous unit, envers et contre tout.
 
Hervé
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