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Air du temps - Revue N°29 - Mai 2014

Le Cinéma : miroir du monde

 Le Cinéma : miroir du monde


Pour découvrir des mondes différents, visiter des périphéries, connaitre et aimer notre réalité dans sa complexité, sa dureté comme son espérance, le cinéma a toute sa place dans les outils du croyant curieux. Geneviève Roux, xavière spécialiste du cinéma pointe pour nous l’apport du cinéma pour notre foi.
 
 

 
 
Cannes, pour le plus grand nombre, est synonyme de paillettes et de montée des marches, que peut-on bien y trouver ?
Thierry Frémeaux, le commissaire du Festival de Cannes disait que lors de cette manifestation, le monde entier est dans les salles de projection et sur les écrans. Oui ! Chaque année, j’ai la chance d’avoir une accréditation pour participer au Festival de Cannes et je suis plongée dans les files d’attente où se côtoient quelques cinq mille journalistes et cinéphiles venus de tous les continents. Au « Marché du film », qui se tient en même temps que le Festival dans les sous-sols du palais, tous les pays producteurs de films sont représentés. Et, sur les écrans, longs et courts métrages sélectionnés déclinent de multiples manières les façons de vivre,  « les espérances et les angoisses des hommes et des femmes de ce temps ».
Ces films ont été choisis pour leurs qualités esthétiques mais aussi pour les sujets qu’ils traitent. Il y a plusieurs sélections pendant le festival : la Sélection officielle dans laquelle est choisie la Palme d’or ; « Un certain regard » qui donne une Camera d’or pour récompenser un premier film choisi dans toutes les sélections ; « La quinzaine des réalisateurs » organisée comme le nom l’indique par les réalisateurs et qui ne donne pas de prix sinon par l’intermédiaire d’autres groupes ; et la « Semaine de la critique » due à l’initiative des journalistes et critiques de cinéma et qui est souvent très innovante.
La centaine de films projetés pendant le festival est comme un miroir du monde contemporain, un sismographe des courants de pensée et des sensibilités qui le traversent.
Qu’est-ce que les films d’aujourd’hui disent du monde ?
Pour être concrète je vous propose de partir du Festival de Cannes 2013.
Trois grands films ont dominé la Sélection Officielle. Le Jury a attribué la Palme d’Or à « La vie d’Adèle, chapitres 1 et 2 ». C’est un film très intense du point de vue des sentiments : une histoire d’amour entre une jeune fille de 17 ans et une jeune femme de 24 ans, avec découverte, passion, déchirements. Un film qui dure trois heures, mais sans un instant de ralenti. C’est une histoire d’amour, « les histoires d’amour finissent mal en général ». Ce film parle bien de l’incertitude des sentiments dans la société française d’aujourd’hui, du fait que les jeunes ont à trouver le chemin de leur vie affective dans un monde avare de repères.
« Le Passé », du cinéaste iranien Ashgar Fahradi, film réalisé en France, est lui aussi évocateur du monde actuel par la diversité des relations qu’il présente : une femme qui a eu trois hommes dans sa vie, les relations parents-enfants dans des familles recomposées, une tentative de suicide, l’impact d’internet sur la vie des personnes et des familles. Même regard acéré sur les relations familiales, sur ce que les parents font vivre à leurs enfants par leurs choix affectifs.
Deux films portent un regard plus optimiste sur les relations familiales : « Tel père, tel fils », du cinéaste japonais Hirokazu Koré-Eda, Il pose la question : « qu’est-ce qui crée la relation père/fils ? ». Est-ce le sang ou la responsabilité assumée ? Le film « Nebraska », d’Alexander Payne, porte lui aussi sur la relation père-fils, mais entre un vieil homme et son deuxième fils ; un film plein d’humour et d’une grande finesse qui crée l’émotion et le bonheur sur sa fin.
Le cinéma miroir de nos sociétés, c’est aussi l’admirable «  Au bord du monde » de Claus Drexer qui nous donne à entendre ceux qui sont pour nous des ombres : les SDF de Paris la nuit. Il faudrait voir aussi « Gare du Nord » de Claire Simon qui parle des errances de tant de personnes dans ce lieu ouvert à tout vent.
Quels problèmes de nos société, quelles approches du cœur de l’homme ne sont pas abordé un jour ou l’autre par les réalisateurs ? Aller au cinéma c’est souvent nous rendre sensibles à des mondes qui nous sont étrangers, c’est aussi voir comme en un miroir les problèmes qui sont les nôtres.
Vous proposez une retraite-cinéma sur l’espérance, trouvez-vous matière à espérer avec tant de films qui montrent le mal de vivre ?
Les films expriment bien des questions, mais ils montrent la complexité des situations et, le plus souvent, l’extraordinaire désir de vivre chevillé au corps de tant de personnes. Ainsi le documentaire « Benda Bilili » de Florent de la Tullaye qui nous fait rencontrer un orchestre de paraplégiques dans les rues de Kinshasa et les conduit jusqu’en Europe. Ainsi « Brodeuses » d’Eléonore Faucher qui nous conte comment deux femmes de deux générations différentes se redonnent vie l’une à l’autre.
Le cinéma est aussi l’un des lieux où s’exprime la réflexion philosophique de notre temps. Il n’est pas rare que des réalisateurs soient diplômés en philosophie, comme l’un des frères Dardenne. Le cinéma enfin nous permet de visiter des « périphéries » que nous ne découvririons pas sans lui. Il nous permet de connaître et aimer ce monde dans sa complexité, dans sa dureté mais aussi dans son espérance.
Auriez-vous un conseil à donner ?
Suscitez des débats après le visionnage d’un film. Les échanges nous permettent d’en découvrir toute la richesse. Dans mon ciné-club niçois qui propose une séance le lundi matin et une autre le mardi soir pour le même film, il n’est pas rare que certains spectateurs du lundi reviennent le lendemain en disant : « le débat m’a fait découvrir des éléments que je n’avais pas vus à la première projection, je reviens pour en avoir le cœur net. »
Pour des ignatiens, la répétition fait partie des exercices recommandés. Ce n’est pas pour tuer le temps, c’est pour donner tout leur poids aux histoires qui nous sont contées et qui nous parlent de nous-mêmes.

Genevieve Roux
 

Prochaine retraite-cinéma
du lundi 20 au dimanche 26 octobre 2014
au Foyer de charité Maria Mater
à Roquefort-les-Pins (06).
www.mariamater.org                  
      ‎04 92 60 30 00




Geneviève Roux : a travaillé pendant trente ans pour l’Audiovisuel et la communication au service de l’annonce de l’Evangile ; ACNAV (Association catéchétique nationale pour l’audiovisuel) puis à Chrétiens Médias Fédération nationale. Elle anime à Nice avec des amies depuis six ans 2 séances de ciné-club par mois dans un cinéma de la ville. Elle propose des haltes spirituelles ou des« retraites-cinéma ».
   
 
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