Actualités
Archives de la revue

Recherche détaillée >
À faire, à voir
Retrouvez-nous sur
Facebook et Twitter !
La Communauté de Vie Chrétienne
www.cvxfrance.com
Centre spirituel du Hautmont
www.hautmont.org
Saint Hugues
www.sainthugues.fr
Courrier des lecteurs - Revue N°12 - Juillet 2011

Je dois chercher ailleurs

Etant en instance de divorce (et depuis bientôt un an), le dossier sur "l'aventure conjugale" a retenu mon attention. Il appellerait des prolongements sur la dialectique entre "fidélité à un engagement de jeunesse" et "j'ai changé" (voir le magnifique film "Mange, prie, aime", mais aussi "Séparation" de Farhadi), entre mariage d'amour et mariage institutionnel (compagnonnage de vie).

Il consacre deux pages à la position intransigeante (et inique) de l'Eglise catholique, qui, au mépris de l'évangile de la femme adultère, exclut de la communion, c'est-à-dire du coeur de la liturgie, les divorcés qui n'acceptent pas le dictat du célibat qu'elle entend leur imposer après l'échec d'une aventure (toute) humaine, mais aussi spirituelle (au mépris aussi du principe de discernement).
Le père Legavre aurait pu citer cet évangile au lieu de présenter une "tentation, insidieuse, (...) de ne plus croire au jaillissement de l'amour dans son élan initial" qui me semble bien éloignée des préoccupations de ceux qui subissent un divorce ou de ceux qui se séparent parce qu'ils ne se supportent plus.
Le dossier aurait pu relever le paradoxe de l'Eglise, qui semble souhaiter qu'un tiers de la population (divorcée) soit composée de personnes seules avec les problèmes sociaux que cela pose...
Ou relever que l'Eglise est plus indulgente pour des tortionnaires comme Pinochet, auxquels, à ma connaissance, elle ne refuse pas la communion, tout en défendant par ailleurs le droit à la vie (mais pas pour les victimes de tortures et de mauvais traitements).

Il manque surtout quelques pages sur les pistes pour se reconstruire après une séparation, après la déliquescence d'un couple qui atteint les deux ex-conjoints dans leur personne. L'Eglise entend certes les condamner à rester célibataires, mais pour quoi faire ? Pour prononcer quel pardon ? Pour porter quel fruit ? Pour dire quel message ? De membres de seconde zone d'une communauté de bien-pensants ?
Et ne me répondez pas que je suis pécheur et que j'ai droit à ce titre à la compréhension, à la sollicitude et à la commisération de l'institution catholique romaine, fermée sur ses certitudes !

Je regrette pour ma part, que l'Eglise catholique n'ait pas le courage de prendre ce dossier à bras le corps pour en montrer la dimension évangélique (voir l'évangile de ce dimanche). Ne serait-ce pas là sa vocation ?
Tant qu'elle ne le fera pas, les tentatives faites ici ou là pour prendre en considération la réalité sociale et les préoccupations de femmes et d'hommes ne sont que du bricolage.
Force est de constater qu'il faut que je recherche ailleurs des pistes non pas pour me "justifier" (je ne cherche pas à être un juste), mais pour repartir (c'est-à-dire retrouver des relations faites de dialogue, de respect, voire d'amitié ou de connivence).
Pour redonner un sens concret aussi à des expressions comme "amour fraternel", ou "amour du prochain".

P. F.

Impression Envoyer à un ami
Commentaires des internautes
Il n'y a pas de commentaire.
Réagir à cet article
Vous devez avoir un compte pour laisser un commentaire.