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Eclairage biblique - Revue N°22 - Mars 2013

Guérir et sauver

Texte biblique

25 Une femme, qui souffrait d’hémorragies depuis douze ans
26 – elle avait beaucoup souffert du fait de nombreux médecins et avait dépensé tout ce qu’elle possédait sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré -,
 27 cette femme, donc, avait appris ce qu’on disait de Jésus. Elle vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement.
28 Elle se disait : « Si j’arrive à toucher au moins ses vêtements, je serai sauvée. »
29 Aussitôt, sa perte de sang s’arrêta et elle ressentit en son corps qu’elle était guérie de son mal.
30 Aussitôt Jésus s’aperçut qu’une force était sortie de lui. Il se retourna au milieu de la foule et il disait : « Qui a touché mes vêtements ? »
31 Ses disciples lui disaient : « Tu vois la foule qui te presse et tu demandes : « Qui m’a touché ? »
32 Mais il regardait autour de lui pour voir celle qui avait fait cela.
33 Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
 34 Mais il lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix et sois guérie de ton mal. »

 
Marc 5, 25-34

Eclairage biblique


« Même en Israël je n’ai pas trouvé une telle foi » (Luc 7, 9), avait dit Jésus au centurion romain, et admirant la cananéenne : « Femme, grande est ta foi » (Matthieu 15, 28).
Quelle est donc cette foi qui déclenche pour eux une vie nouvelle ? Ces étrangers ont peu connaissance de la foi d’Israël : des rites, des coutumes sans doute, mais les lectures sont d’accès difficile, les juifs leur parlent peu. Ils n’auraient pas réussi un examen de catéchisme ! Et pourtant, leur foi est grande.

Chaque page de l’Evangile projette un rayon de lumière sur la foi des petits. L’épisode de la femme guérie d’hémorragies se clôt par une phrase - « Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix » - que l’on retrouve à plusieurs reprises chez les synoptiques : « Va ta foi t’a sauvé ». Que dit le texte de la foi de cette femme ? Que dit-il du salut ?

Voilà une femme qui depuis douze ans traine un problème de perte de sang, douze ans qu’elle se cache, impure, infréquentable, douze ans de soins en pure perte. Elle a entendu parler de Jésus le guérisseur et elle apprend qu’il passe au pays. Un éclair la traverse : « Si je pouvais seulement toucher son manteau, je serais sauvée ». Plus que la guérison de son mal, elle désire vivre.

Elle se mêle à la foule qui suit Jésus, réussit à se faufiler et de dos, touche son vêtement. Aussitôt la source de son sang est tarie, elle se sent guérie. L’épisode pouvait s’arrêter là. Mais aussitôt Jésus se retourne et questionne : « Qui m’a touché ? »

La femme guérie et repérée rentrerait volontiers sous terre. Mais ô retournement, elle se jette toute tremblante aux pieds de Jésus, et du sol où elle se tient, raconte son histoire, et lui dit toute la vérité : elle entre en relation. Elle entend alors la parole de vie : « Ma fille, ta foi t’a sauvée ».

Pourquoi Jésus cherche à savoir qui l’a touché ?

Dans la bousculade il a conscience de la force qui sort de lui. Mais pour lui, une guérison magique ne rend pas la dignité, ni la joie de vivre. C’est dans la rencontre que la vie peut reprendre souffle. Jésus regarde alentours et cherche des yeux la personne. Il faut que leurs regards se croisent, qu’elle mette des mots sur son mal et raconte son histoire : Jésus lui permet de retrouver le fil de sa vie. Elle était déjà guérie dans son corps, et en prenant la parole, elle est sauvée. Sa guérison n’est pas un tour de passe-passe, mais la rencontre avec Jésus, qui lui rend son humanité.

Aujourd’hui la médecine apporte la guérison à beaucoup de malades, mais elle ne peut à elle seule sauver l’homme. La femme guérie d’hémorragie nous rappelle que le salut est plus que la santé recouvrée. L’homme est en quelque sorte sauvé par la parole, une parole qui redonne vie. Il est remarquable dans ce court épisode que Jésus n’ait dit que deux petites phrases au passé. Comme s’il ne faisait que nommer un déjà là : une question à la cantonade permettant à la femme de se sentir interpelée, un encouragement confirmant le chemin qu’elle a parcouru. Jésus s’efface devant la foi de cette femme : à prendre l’évangile au pied de la lettre, il semblerait que ce n’est pas lui qui lui ait apporté le salut mais seulement sa foi à elle.

Nous voilà renvoyés à la question de départ : quelle est-elle cette foi, entendue de la bouche de Jésus, qui ne désigne aucun contenu précis : « Va, ta foi t’a sauvé » ?

La pécheresse aux parfums (Luc 7, 50), Bartimée l’aveugle de Jéricho (Luc 18, 42), le lépreux samaritain revenu sur ces pas pour glorifier Dieu et remercier Jésus (Luc 17, 19), la femme guérie de saignements … tous ceux-là n’avaient pas une conscience claire de la divinité du Christ, encore moins de sa résurrection. Mais tous montrent une attente, voire une impatience à sortir d’une situation de mort ; tous pressentent Dieu et grâce à leur rencontre de Jésus retrouvent vie et santé, sortent de l’enfermement et de l’exclusion… Le crédit qu’ils accordaient au pouvoir de guérir de Jésus se transforme en confiance en sa personne et les rend disponible à recevoir la vie.

Foi en l’autre, foi en la force de la vie, beaucoup de nos contemporains vivent cette foi séculière dans un monde qui n’est plus religieux. Pourtant la foi que Jésus a admirée apparaît quelque peu décalée par rapport à celles d’aujourd’hui. Peut-être notre confiance est-elle trop à sens unique ? Nous l’accordons facilement à ceux qui ont besoin de nous, mais nous avons peur de nous laisser surprendre par l’inédit. Nous nous privons d’avoir recours à celui qui ne peut donner que lui-même. Il y faut de la confiance, de l’humilité, comme celles qu’a montrées la femme de l’évangile. La vie promise est à ce prix.


Marie Emmanuel Crahay, as



POUR PRIER


  • Me mettre en présence du Seigneur, me demander : qu’est-ce que j’attends de lui aujourd’hui ? Lui en faire la demande.
  • Repasser l’histoire successivement avec la foule, puis avec les disciples, puis avec la femme, puis avec Jésus. Voir les personnes, entendre leurs paroles. Me laisser toucher par ce qui se passe.
  • M’arrêter là où je trouve du goût, là où je suis déconcerté, là où la parole me rejoint. Rester en silence devant le croisement des regards de Jésus et de la femme. Reprendre la demande que j’ai faite au début de la prière.
  • Dans le colloque parler au Seigneur de ce que j’ai goûté, chercher avec lui comment cet évangile s’incarne dans ma vie, rendre grâce et m’offrir au travail de l’Esprit. Terminer par la prière Âme du Christ.

 

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