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Témoignages - Revue N°23 - Mai 2013

Face à une autre culture

Au sein d'un couple de mixité culturelle, un chemin est à faire pour comprendre et accepter la culture de l'autre.

Mon mari vient d’un pays où il n’existe ni sécurité sociale ni caisse de retraite. Aussi les plus anciens ou les plus fragiles de la famille ne peuvent compter que sur l’aide de leurs enfants qu’ils soient restés au pays ou qu’ils se soient expatriés au loin.

Cette question de l’argent et de la famille n’a pas été, pour moi, toujours simple à gérer. Si au début de notre mariage je comprenais fort bien la nécessité d’envoyer chaque mois une partie du salaire, soit à la belle-sœur malade, soit à la belle-mère en difficulté… d’une certaine façon je me sentais frustrée que la part donnée à notre couple soit en-deçà de la part envoyée.

Est-ce que sa famille de sang était plus importante que sa femme ? Et notre projet de maison ?

Pourtant au fond de moi, j’aimais et j’aime cette action qui invite à la « communauté de biens ». J’étais habitée également en ces  jours de rumination, par la parabole du bon samaritain. Que signifiait alors cet état d’anxiété latent de la peur du manque ? Et bien justement, seule la peur du manque, là où il ne manque rien parce que j’ai tout. Dans la prière je cheminais. Je sentais qu’il me fallait me désencombrer de toutes ces tensions, crispations, frustrations, pour laisser se créer en moi un vide, un espace d’accueil. Un désencombrement qui passe plus par le cœur que par la tête pour retrouver au plus profond de moi quel est l’essentiel de ma relation à l’autre ?

Qui est mon prochain ? Confiance. Je m’abandonne peu à peu. Mon prochain, il est là ou là- bas, malade ou affamé. Quelque chose en moi se libère. Je sens qu’il s’opère un véritable chemin de conversion quant à mon rapport à l’argent. Détente. Détachement. Mes mains et mon cœur s’ouvrent. Tout s’apaise en moi. Paix et sérénité accompagnent chaque don.

Je rends grâce pour cette libération, pour  mon mari et pour tous ces hommes et ces femmes, qui au jour le jour, pratiquent l’entraide et le partage auprès de leurs proches sans se poser de questions, don gratuit  « parce qu’il n’y a rien de plus normal » comme dit mon mari. Ils sont à travers leur geste, leur générosité  la  parole d’un évangile bien vivant aujourd’hui.

Marie-Hélène
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