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Courrier des lecteurs - Revue N°12 - Juillet 2011

Etre écouté, écouté et encore écouté

J’ai eu l’occasion de lire l’article de Claire Le Poulichet dans Nouvelle Revue Vie Chrétienne de juillet 2011. Le sujet abordé est délicat. L’article intéressant. je me permet toutefois de vous adresser mes réactions toutes personnelles à ce sujet : l’accompagnement de l’Eglise


Page 1, 2° colonne : Enfin ceux qui ont rencontré l’échec etc….

Vous avez raison de dire que «  de nombreux laïcs et clercs, n’ont pas attendu que l’Eglise mette plus de cohérence évidente entre ses pratiques pastorales et la bonne nouvelle de l’Evangile pour marcher avec eux. Ils les accompagnent pour qu’ils retrouvent vie et espérance » mais vous citez tout de suite, de façon quasi exclusive, divers mouvements, dont je ne mets aucunement en doute l’esprit de compassion qui les anime : Chrétiens divorcés chemin d’espérance, Réseau séparés, Divorcés, Divorcés remariés de la Mission de France, mouvements qui c’est un fait témoignent d’une revendication permanente à l’égard de l’institution ecclésiale.
Est-ce manquer de cohérence que d’accueillir chacun tel qu’il est, là où il en est (tout en veillant pour l’écoutant à ne pas être écrasé lui-même par le fardeau qu’il devine chez l’accueilli afin que la compassion qu’il est amené à témoigner ne se transforme en une complaisance logique et conforme à l’air du temps) avec une extrême miséricorde mais aussi dans la vérité.

Au moment de la séparation, le conjoint isolé a besoin :

1. D’être écouté, écouté et encore écouté, afin qu’il puisse exprimer, qu’il puisse dire et redire, qu’il puisse crier sa souffrance, formuler ses interrogations. Il ne recherche pas une réponse immédiate à son problème : il n’y en a pas. Il doit prendre le temps, son temps à lui, qui ne sera pas de la même durée que celui du voisin.

2. D’être accueilli au sein d’une structure chaleureuse. Car la structure chaleureuse qui était la sienne : son Foyer vient de voler en éclat : ce pourra être un groupe d’amis , un groupe de prière, une fraternité spirituelle ou tout simplement un groupe où il pourra évacuer le trop plein d’anxiété qui est le sien : sport , chorale…

3. D’entendre une parole de soutien, de compassion. Il ne cherche pas à gommer tout ce qu’il vient de vivre, souvent il n’a qu’un seul désir le retour de celui qui est parti. Il ne cherche pas, comme l’opinion courante tend à le faire croire, à « refaire sa vie ». Expression horrible, y a-t-il quelque chose dans notre vie que nous pouvons refaire. Non ce qu’il cherche c’est à poursuivre sa vie, à ne pas s’effondrer.

4. D’entendre quelqu’un qui ne craigne pas de lui parler en vérité, même si à cet instant cette vérité est impossible à accepter. Il est seul, mais plus que jamais il a besoin d’une parole vraie, de La Parole de Dieu.

5. De découvrir un chemin d’espérance et de résurrection


Page 2, 1° colonne :

«  Parmi les questions posées à l’Eglise, celle récurrente dans tous les synodes diocésains et toujours dans l’impasse : les divorcés remariés….Mais ne pourrait- elle pas reconnaitre l’inévitabilité de certains échecs comme la réflexion morale contemporaine en a pris acte »

1. Quelle impasse ? La Parole de Dieu une impasse ? Vous y allez un peu fort. Il n’y a d’impasse que pour ceux qui veulent bien s’y placer et placer les autres avec eux. La parole de Dieu est sure, la fidélité de Dieu certaine. Le Seigneur avec les époux s’est engagé à l’instant de leur union, il ne va pas les abandonner au moment de la crise la plus sévère que le couple rencontre. Il est là à leur côté, certes souvent dans la nuit mais il est présent. Pour nombre de divorcés séparés, c’est au cœur de leur épreuve, dans le refus d’amour de leur conjoint qu’ils ont découvert l’amour infini de Dieu pour eux. Certes cela ne gomme pas la souffrance, tous les points d’interrogations ne sont pas effacés : mais le vide est habité.

2. « Mais ne pourrait- elle pas reconnaitre l’inévitabilité de certains échecs comme la réflexion morale contemporaine en a pris acte ». pourquoi reconnaître certains échecs et pas d’autres ? Y a-t-il : un vrai échec, un petit échec, l’échec pardonnable, l’échec irrémissible ? Y a-t-il une gradualité de l’échec ? Nous sommes dans le flou le plus complet. Cela aurait mérité plus de précisions. Mais pour compléter cette ambiguïté vous ajoutez : comme la réflexion morale contemporaine en a pris acte. Qu’est la réflexion morale contemporaine : l’air du temps ? la conformité aux habitudes présentes ? L’absolue nécessité de résoudre tout ? La volonté d’officialiser une situation de fait qui se généralise ? Oui c’est bien cela. Le nombre de divorce ne cesse de se multiplier donc autorisons le une bonne fois pour toutes, cessons d’être hypocrite, aux jours d’aujourd’hui compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie : la fidélité à un seul être … difficilement envisageable.


Page 2, 2° colonne

«  Pour réintégrer les divorcés remariés.. » Mais les réintégrer dans quoi ? Dans l’Eglise ? Mais l’Eglise ne les a jamais exclus.
« Avec le Synode, j’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remarié. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Eglise, car ils peuvent et même doivent, comme baptisés, participer à sa vie… (Familiaris Consortio N° 84 )
Cette idée d’exclusion largement véhiculée, y vous y contribuez aujourd’hui, est absolument fausse. Les fidèles Divorcés remariés ne sont aucunement excommuniés, ils n’ont donc nullement besoin de réintégration. Le choix de vie qu’ils ont opéré, la situation objective qui est la leur ne leur permet pas de vivre comme leurs frères, de la même façon que leurs frères, les sacrements de l’Eucharistie et du Pardon. Je dis bien de la même façon. Quelques pasteurs se sont penchés, avec une infinie délicatesse sur cette question .Je vous renvoie notamment à :
«  Fidèles jusqu’à l’Audace… » Eric Jacquinet, Jacques Nourissat. Editions Salvator 2008.
Très récemment :
«  Si tu savais le Don de Dieu, vie en Eglise des Divorcés remariés » Françoise Breynaert . Mame / Edifa.
Il convient de découvrir pour beaucoup d’entre nous l’importance et la valeur de la Communion de désir ainsi que la nécessité pour nos frères et sœurs divorcés remariés de fréquenter le confessionnal même s’il ne peut y avoir d’absolution sacramentelle. Cette absence ne signifie pas que la miséricorde divine n’opère pas. Il n’y a aucune impasse dans le cœur de Dieu.
Les deux ouvrages précédemment cités développent abondamment ces deux points.

Pour conclure, il est un aspect du divorce que vous n’envisagez pas : la possibilité qu’il ne soit pas vécu comme un échec. Des hommes et des enfants ont fait cette découverte ils s’efforcent de vivre la fidélité en s’appuyant sur la grâce du sacrement de mariage et dans témoigner simplement, souvent silencieusement. Ils se retrouvent parfois au sein de mouvements, comme La Communion Notre Dame de l’Alliance : www.cn-da.org .

De nombreux évêques les connaissent et les encouragent. Le choix qu’ils ont fait amène bon nombre de chrétiens à dire : ils n’ont pas de problème (par ce qu’ils ne posent pas de problème à l’institution ecclésiale). Ce qui est erroné car comme tous les séparés, divorcés ils sont confrontés à la solitude au vide affectif, ils sont eux aussi de pauvres petits pécheurs. Mais au cœur de leur épreuve ils ont découvert l’Amour du Seigneur pour leur couple et leurs enfants.

P. B.
Rueil Malmaison le 23 juillet 2011

 

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