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Divorcés-remariés

Dans ce numéro, « l’Air du temps » ne traite pas d’un problème d’actualité nationale ou internationale. Pour la revue, l’actualité de ces derniers mois est riche de mails qui régissent à notre dossier « l’Aventure conjugale ». Nous publions des extraits de ces réactions qui ne sont ni anodines, ni superficielles. Pour une revue inspirée par les valeurs évangéliques, rester attentif aux  réactions des lecteurs est indispensable. Même si cela dérange. Impossible pour nous de rester sourds au malaise ressenti par certaines personnes divorcées remariées.


Je dois chercher ailleurs
Fidèle au sacrement du mariage
Un frein à l'évangélisation
Etre écouté, écouté et encore écouté


Je dois chercher ailleurs

Etant en instance de divorce (et depuis bientôt un an), le dossier sur "l'aventure conjugale" a retenu mon attention.
Il appellerait des prolongements sur la dialectique entre "fidélité à un engagement de jeunesse" et "j'ai changé" (voir le magnifique film "Mange, prie, aime", mais aussi "Séparation" de Farhadi), entre mariage d'amour et mariage institutionnel (compagnonnage de vie).
Il consacre deux pages à la position intransigeante (et inique) de l'Eglise catholique, qui, au mépris de l'évangile de la femme adultère, exclut de la communion, c'est-à-dire du coeur de la liturgie, les divorcés qui n'acceptent pas le dictat du célibat qu'elle entend leur imposer après l'échec d'une aventure (toute) humaine, mais aussi spirituelle (au mépris aussi du principe de discernement).
Le père Legavre aurait pu citer cet évangile au lieu de présenter une "tentation, insidieuse, (...) de ne plus croire au jaillissement de l'amour dans son élan initial" qui me semble bien éloignée des préoccupations de ceux qui subissent un divorce ou de ceux qui se séparent parce qu'ils ne se supportent plus.
Le dossier aurait pu relever le paradoxe de l'Eglise, qui semble souhaiter qu'un tiers de la population (divorcée) soit composée de personnes seules avec les problèmes sociaux que cela pose...
Ou relever que l'Eglise est plus indulgente pour des tortionnaires comme Pinochet, auxquels, à ma connaissance, elle ne refuse pas la communion, tout en défendant par ailleurs le droit à la vie (mais pas pour les victimes de tortures et de mauvais traitements).

Il manque surtout quelques pages sur les pistes pour se reconstruire après une séparation, après la déliquescence d'un couple qui atteint les deux ex-conjoints dans leur personne. L'Eglise entend certes les condamner à rester célibataires, mais pour quoi faire ? Pour prononcer quel pardon ? Pour porter quel fruit ? Pour dire quel message ? De membres de seconde zone d'une communauté de bien-pensants ?
Et ne me répondez pas que je suis pécheur et que j'ai droit à ce titre à la compréhension, à la sollicitude et à la commisération de l'institution catholique romaine, fermée sur ses certitudes !

Je regrette pour ma part, que l'Eglise catholique n'ait pas le courage de prendre ce dossier à bras le corps pour en montrer la dimension évangélique (voir l'évangile de ce dimanche). Ne serait-ce pas là sa vocation ?
Tant qu'elle ne le fera pas, les tentatives faites ici ou là pour prendre en considération la réalité sociale et les préoccupations de femmes et d'hommes ne sont que du bricolage.
Force est de constater qu'il faut que je recherche ailleurs des pistes non pas pour me "justifier" (je ne cherche pas à être un juste), mais pour repartir (c'est-à-dire retrouver des relations faites de dialogue, de respect, voire d'amitié ou de connivence).
Pour redonner un sens concret aussi à des expressions comme "amour fraternel", ou "amour du prochain".

P. F.


Fidèle au sacrement du mariage

Je ne fais pas partie de la communauté Vie Chrétienne mais, amie d’un centre spirituel ignatien, je suis abonnée à la revue que je reçois toujours avec plaisir et que je lis avec intérêt.
J’ai accueilli le numéro de juillet avec empressement quand j’ai découvert son titre : l’aventure conjugale.
Une véritable aventure en effet que mon mariage qui m’a conduit, après quinze années de bonheur, à voir mon conjoint s’éloigner vers d’autres horizons et à demander le divorce.
Au cœur de cette épreuve j’ai été accompagnée par la présence discrète de Dieu qui m’a toujours tenu la main et qui a éclairé ma route.
L’engagement pris le jour de mon mariage, en présence de tous nos amis, familles et surtout avec Dieu a toujours gardé son sens : je me suis engagée à aimer mon mari pour toujours……La nouvelle façon d’aimer n’a pas toujours été claire mais j’ai compris que je pouvais prier pour lui, respecter sa liberté, donner à nos enfants une vision aussi juste que possible de leur père, essayer de lui pardonner, entretenir des relations de paix au sein de nos familles et belles-familles…..
Je ne suis pas seule à vivre ainsi le divorce. J’ai beaucoup d’amis qui partagent ce chemin et qui y trouvent paix et joie.
J’ai aussi des amis qui se sont engagés dans une nouvelle union.
Mais quand j’ai lu le chapitre intitulé : « l’accompagnement de l’Eglise », j’ai été stupéfaite. Aucune proposition (en dehors de Cana), aucun livre ne témoigne de ce chemin de fidélité au sacrement de mariage …..
Je ne m’aventurerai pas dans le débat théologique de l’indissolubilité du mariage et de la possibilité ou pas de communier pour les divorcés remariés. Ce débat me dépasse mais je ne pense pas que, comme vous le dites, « certains mariages meurent de fait ». D’un point de vue strictement humain, peut-être, mais si le sacrement de mariage est valide, Dieu y est engagé avec les époux. Et Dieu est fidèle.
Alors, qu’il faille accueillir les divorcés en toute situation, bien entendu….qu’il existe un chemin pour chacun et que Dieu nous attende tous, en nous prenant où nous en sommes, bien entendu…..mais que ceux qui ont le désir de rester fidèles au sacrement, de ne pas contracter une nouvelle union trouvent du soutien et puissent lire dans votre revue des noms de mouvements ou de livres qui les aident, je trouve cela légitime.
Je me permets donc de vous donner ces noms :
- parmi les mouvements : outre Cana (cité par votre article), la Communion Notre Dame de l’Alliance (www.cn-da.org), Miséricorde et Vérité (Dijon)
- parmi les livres :
° Séparés, divorcés, à cœur ouvert (Parole et silence)
° Le mariage à l’épreuve du divorce (Ed. de l’Emmanuel)
° Fidèles jusqu’à l’audace (Salvator)

Peut-être aurez-vous l’occasion de les signaler à vos lecteurs ?
D’avance, merci

C. C.

 

Un frein à l'évangélisation

Bonjour,

J'ai été décontenancé par la série d'articles sur le thème de l'aventure conjugale, même si c'est celui de l'accompagnement de l'Eglise qui m'a semblé être le plus urgent à commenter.
Alors j'ai pris mon clavier pour mettre en forme mes réflexions suite à l'article de Claire Le Poulichet.
Il y aurait aussi à dire sur le premier article: 'une alliance, pas un contrat', notamment à cause d'ambiguïtés qui me gênent. Pas aujourd'hui...
« L’aventure conjugale », quelle aventure…
Je voudrais, avec ma liberté de parole, revenir sur l’article de Claire Le Poulichet, page 16 et 17 sur « l’accompagnement de l’Eglise ».
Je ne connais pas Claire, et je ne veux ni la blesser ni l’offenser.
Afin qu’elle me situe : je me suis marié à l’Eglise en connaissance de cause, j’ai quatre enfants, mon divorce a été pour le moins conflictuel, l’Eglise a prononcé la nullité au bout de quatre ans…
Après avoir apprivoisé ma solitude, j’ai décidé de ne pas rester seul. Rencontre, Pacs pendant trois ans, marié depuis un an.
L’Eglise a prononcé récemment la nullité du mariage précédent de mon épouse (seulement baptisée). Pour le moment, nous ne souhaitons pas le sacrement.
Membre de CVX depuis 6 ans. Notamment engagé dans l’accueil des parents d’enfants à baptiser (80 par an).

1 « ce que l’Eglise fait »
Ce paragraphe me semble déconnecté de la réalité paroissiale ordinaire. Oui il y a préparation au mariage comme c’est décrit, avec un public bienveillant, qui accepte, la plupart du temps, ce passage obligé plus comme un sésame pour la photo devant l’église, que pour le sacrement avec tout ce qu’il engage. A mon sens il serait souvent plus honnête que l’Eglise propose une ‘simple bénédiction’ plutôt que d’enfermer le couple dans un sacrement qui n’a pas été compris dans toutes ses dimensions. Oui des propositions diverses existent et rassemblent des centaines de couples et de familles (il y a vingt ans environ, j’étais au service Cana, tant dans l’année que pour les sessions). Sur notre paroisse de 30,000 habitants, il y a 80 mariages par an, 6 couples ont fait une session cana en 20 ans. « Avec ceux qui ont rencontré l’échec » la plupart du temps, ils fuient l’Eglise, car la doctrine officielle est ressentie comme une ‘double peine’. Il faut avoir vécu certaines humiliations de certains ‘bons chrétiens’, quand ce n’est pas de prêtres pour savoir que l’accueil décrit n’est pas le fait de tous. Nous n’en sommes pas à disserter sur « « l’humiliation de l’Evangile ». L’Eglise est empêtrée avec ce problème, et les attitudes de l’institution vont du laxisme par compréhension, au rigorisme par doctrine ou par incapacité à donner une réponse. Me concernant, seul le Cler m’a aidé concrètement à prendre le dessus d’une situation conjugale devenue intenable.

2 « des questions qui se posent : comment avancer ? »
D’abord, l’Eglise devrait cesser d’idolâtrer le couple en tant qu’identité. Même s’ils « ne font plus qu’un », il reste deux individus qui évoluent dans le temps. Certains considèrent même que le couple n’existe pas, mais qu’il n’existe seulement que deux individus, sorte d’attelage… destiné à tracter une famille. Puis l’Eglise nous berce d’illusion avec « la grâce du mariage ». Est ce que l’Eglise dit clairement que l’amour ne tient que s’il y a volonté de s’aimer ; autrement dit nous devons lutter contre dette dérive courante : « puisque nous ne sentons plus rien, nous nous séparons ». Alors que l’Eglise insiste plutôt sur l’aspect indissoluble complètement incompréhensible dans le monde actuel. Les couples qui demandent aujourd’hui le mariage à l’Eglise ont le plus souvent déjà vécu plusieurs expériences de vie de couple, sans avoir nécessairement géré les « ex ». C’est à dire que vivre ensemble pour commencer piège la relation par une sorte de confusion qui leur empêche de prendre de la distance ; et non parce que c’est un péché selon notre regard !
Enfin, nos propres enfants, sauf exception, vivent ce que je viens décrire ci dessus. Et une des raisons de se marier (au moins civilement), sera que la mère voudra porter le même nom que son enfant pour l’entrée en maternelle (vécu familial récent).
Par ailleurs, la question de la contraception semble complètement faire partie du domaine privé, où l’Eglise n’a plus la parole. Va-t-on sur le même chemin pour la vie de couple ?

Revenons aux fondements :
A l’Eucharistie, le prêtre dit : « prenez et mangez en tous », et il n’ajoute pas « sauf aux divorcés remariés ». Cela devrait suffire à calmer le débat.
Le Pardon : qu’a-t-on fait de si irréparable pour en être exclu ? La faute serait elle plus grave que tel tortionnaire qui lui est pardonné ?
Autre perspective : « il n’est pas bon que l’homme reste seul… »
Difficile de s’y reconnaître. Cela n’empêche pas de prier…

Quelles voies ?
D’abord, faire preuve d’humilité, car les situations sont très diverses et toujours complexes. Ainsi, un conjoint peut être victime d’un divorce.
Continuer sa vie (on ne la ‘refait’ pas) avec un autre conjoint est une forme de maturité, c’est à dire que l’échec est dépassé (si ce n’est pas une fuite). Rester seul est souvent une forme d’immaturité ou d’incapacité face à l’échec du divorce…
La nullité de mariage : il s’agit de savoir si, au jour de l’engagement, toutes les conditions d’un mariage valide étaient requises. Ainsi, un conjoint qui refuse délibérément d’avoir des enfants met le couple dans une situation de nullité.
Par contre, le fait d’avoir normalement des enfants n’influe pas la décision de nullité.
De la même façon c’est une erreur de discernement de demander l’avis des enfants pour engager une demande de nullité, sauf à leur laisser à penser qu’ils sont nuls.
A mon sens, l’Eglise a une responsabilité quand elle enferme dans le sacrement des conjoints qui n’ont pas assez cheminé pour l’accueillir dans sa globalité.
Enfin, ce n’est pas la solution universelle.
Pour ma part, la procédure de nullité a été un moment de vérité qui m’a libéré.

Une avancée œcuménique ?
Chez les catholiques, c’est un sacrement.
Chez les orthodoxes, c’est un sacrement, mais un divorcé remarié peut avoir un 2e mariage religieux, après une période d’attente.
Chez les protestants, ce n’est pas un sacrement. Le ‘oui’ de Dieu est plus fort que le ‘Non’ de l’homme.
Ayant été engagé plusieurs année auprès de la communauté du chemin neuf (communauté catholique à vocation œcuménique), je crois qu’ils sont à même d’apporter des éléments à cette question.
Pour ma part, la solution des orthodoxes est intéressante, et ce temps d’attente, une nécessité.

Une conclusion ?
La position de notre Eglise sur les divorcés est un frein à l’évangélisation.
Nous devons faire preuve de compassion pour respecter et accueillir ces blessés de la vie que sont les divorcés. Remariés ou non, ils doivent se reconstruire.
La CVX devrait se pencher sur toute cette humanité en panne d’amour, très souvent proche de nous.
Car toutes les familles sont touchées.
Un divorce ‘normal’ est déjà difficile, mais quand cela se passe chez des chrétiens, c’est encore plus lourd, car le naufrage est proportionné à l’investissement, surtout si l’Institution a aidé à surinvestir le couple.
Il y a urgence, et concrètement, je propose de pouvoir échanger en équipe sur ce que chacun vit dans sa famille proche :
- situation en tant que conjoint ?
- comment a-t-on traversé la période où les enfants étaient adolescents ?
- comment nos enfants sont ils ‘attelés’ : mariés, pacsés, sans lien juridique, déjà divorcés ? ou célibataires ? ou dans l’homosexualité ?
- font ils baptiser nos petits enfants ?
Qu’en pensez vous ? Le débat est ouvert.

Amitiés fraternelles,

 J-L. B.

 

Etre écouté, écouté et encore écouté

J’ai eu l’occasion de lire l’article de Claire Le Poulichet dans Nouvelle Revue Vie Chrétienne de juillet 2011. Le sujet abordé est délicat. L’article intéressant. je me permet toutefois de vous adresser mes réactions toutes personnelles à ce sujet . Repères Pastoraux : l’accompagnement de l’Eglise

Page 1, 2° colonne : Enfin ceux qui ont rencontré l’échec etc….
Vous avez raison de dire que «  de nombreux laïcs et clercs, n’ont pas attendu que l’Eglise mette plus de cohérence évidente entre ses pratiques pastorales et la bonne nouvelle de l’Evangile pour marcher avec eux. Ils les accompagnent pour qu’ils retrouvent vie et espérance » mais vous citez tout de suite, de façon quasi exclusive, divers mouvements, dont je ne mets aucunement en doute l’esprit de compassion qui les anime : Chrétiens divorcés chemin d’espérance, Réseau séparés, Divorcés, Divorcés remariés de la Mission de France, mouvements qui c’est un fait témoignent d’une revendication permanente à l’égard de l’institution ecclésiale.
Est-ce manquer de cohérence que d’accueillir chacun tel qu’il est, là où il en est (tout en veillant pour l’écoutant à ne pas être écrasé lui-même par le fardeau qu’il devine chez l’accueilli afin que la compassion qu’il est amené à témoigner ne se transforme en une complaisance logique et conforme à l’air du temps) avec une extrême miséricorde mais aussi dans la vérité.

Au moment de la séparation, le conjoint isolé a besoin :
1. D’être écouté, écouté et encore écouté, afin qu’il puisse exprimer, qu’il puisse dire et redire, qu’il puisse crier sa souffrance, formuler ses interrogations. Il ne recherche pas une réponse immédiate à son problème : il n’y en a pas. Il doit prendre le temps, son temps à lui, qui ne sera pas de la même durée que celui du voisin.
2. D’être accueilli au sein d’une structure chaleureuse. Car la structure chaleureuse qui était la sienne : son Foyer vient de voler en éclat : ce pourra être un groupe d’amis , un groupe de prière, une fraternité spirituelle ou tout simplement un groupe où il pourra évacuer le trop plein d’anxiété qui est le sien : sport , chorale…
3. D’entendre une parole de soutien, de compassion. Il ne cherche pas à gommer tout ce qu’il vient de vivre, souvent il n’a qu’un seul désir le retour de celui qui est parti. Il ne cherche pas, comme l’opinion courante tend à le faire croire, à « refaire sa vie ». Expression horrible, y a-t-il quelque chose dans notre vie que nous pouvons refaire. Non ce qu’il cherche c’est à poursuivre sa vie, à ne pas s’effondrer.
4. D’entendre quelqu’un qui ne craigne pas de lui parler en vérité, même si à cet instant cette vérité est impossible à accepter. Il est seul, mais plus que jamais il a besoin d’une parole vraie, de La Parole de Dieu.
5. De découvrir un chemin d’espérance et de résurrection

Page 2, 1° colonne :
«  Parmi les questions posées à l’Eglise, celle récurrente dans tous les synodes diocésains et toujours dans l’impasse : les divorcés remariés….Mais ne pourrait- elle pas reconnaitre l’inévitabilité de certains échecs comme la réflexion morale contemporaine en a pris acte »
1. Quelle impasse ? La Parole de Dieu une impasse ? Vous y allez un peu fort. Il n’y a d’impasse que pour ceux qui veulent bien s’y placer et placer les autres avec eux. La parole de Dieu est sure, la fidélité de Dieu certaine. Le Seigneur avec les époux s’est engagé à l’instant de leur union, il ne va pas les abandonner au moment de la crise la plus sévère que le couple rencontre. Il est là à leur côté, certes souvent dans la nuit mais il est présent. Pour nombre de divorcés séparés, c’est au cœur de leur épreuve, dans le refus d’amour de leur conjoint qu’ils ont découvert l’amour infini de Dieu pour eux. Certes cela ne gomme pas la souffrance, tous les points d’interrogations ne sont pas effacés : mais le vide est habité.
2. « Mais ne pourrait- elle pas reconnaitre l’inévitabilité de certains échecs comme la réflexion morale contemporaine en a pris acte ». pourquoi reconnaître certains échecs et pas d’autres ? Y a-t-il : un vrai échec, un petit échec, l’échec pardonnable, l’échec irrémissible ? Y a-t-il une gradualité de l’échec ? Nous sommes dans le flou le plus complet. Cela aurait mérité plus de précisions. Mais pour compléter cette ambiguïté vous ajoutez : comme la réflexion morale contemporaine en a pris acte. Qu’est la réflexion morale contemporaine : l’air du temps ? la conformité aux habitudes présentes ? L’absolue nécessité de résoudre tout ? La volonté d’officialiser une situation de fait qui se généralise ? Oui c’est bien cela. Le nombre de divorce ne cesse de se multiplier donc autorisons le une bonne fois pour toutes, cessons d’être hypocrite, aux jours d’aujourd’hui compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie : la fidélité à un seul être … difficilement envisageable.

Page 2, 2° colonne
«  Pour réintégrer les divorcés remariés.. »
Mais les réintégrer dans quoi ? Dans l’Eglise ? Mais l’Eglise ne les a jamais exclus.
«  Avec le Synode, j’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remarié. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Eglise, car ils peuvent et même doivent, comme baptisés, participer à sa vie….( Familiaris Consortio N° 84 )
Cette idée d’exclusion largement véhiculée, y vous y contribuez aujourd’hui, est absolument fausse. Les fidèles Divorcés remariés ne sont aucunement excommuniés, ils n’ont donc nullement besoin de réintégration. Le choix de vie qu’ils ont opéré, la situation objective qui est la leur ne leur permet pas de vivre comme leurs frères, de la même façon que leurs frères, les sacrements de l’Eucharistie et du Pardon. Je dis bien de la même façon. Quelques pasteurs se sont penchés, avec une infinie délicatesse sur cette question .Je vous renvoie notamment à :
«  Fidèles jusqu’à l’Audace… » Eric Jacquinet, Jacques Nourissat. Editions Salvator 2008.
Très récemment :
«  Si tu savais le Don de Dieu, vie en Eglise des Divorcés remariés » Françoise Breynaert . Mame Edifa.
Il convient de découvrir pour beaucoup d’entre nous l’importance et la valeur de la Communion de désir ainsi que la nécessité pour nos frères et sœurs divorcés remariés de fréquenter le confessionnal même s’il ne peut y avoir d’absolution sacramentelle. Cette absence ne signifie pas que la miséricorde divine n’opère pas. Il n’y a aucune impasse dans le cœur de Dieu.
Les deux ouvrages précédemment cités développent abondamment ces deux points.

Pour conclure, il est un aspect du divorce que vous n’envisagez pas : la possibilité qu’il ne soit pas vécu comme un échec. Des hommes et des enfants ont fait cette découverte ils s’efforcent de vivre la fidélité en s’appuyant sur la grâce du sacrement de mariage et dans témoigner simplement, souvent silencieusement. Ils se retrouvent parfois au sein de mouvements, comme La Communion Notre Dame de l’Alliance : www.cn-da.org .

De nombreux évêques les connaissent et les encouragent. Le choix qu’ils ont fait amène bon nombre de chrétiens à dire : ils n’ont pas de problème (par ce qu’ils ne posent pas de problème à l’institution ecclésiale). Ce qui est erroné car comme tous les séparés, divorcés ils sont confrontés à la solitude au vide affectif, ils sont eux aussi de pauvres petits pécheurs. Mais au cœur de leur épreuve ils ont découvert l’Amour du Seigneur pour leur couple et leurs enfants.

P. B.
Rueil Malmaison le 23 juillet 2011

 

 

 

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