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Témoignages - Revue N°22 - Mars 2013

Comment ai-je reçu la foi

Mon cas est assez particulier puisque, née en 1924 d'un père catholique ayant perdu la foi durant ses études de médecine et d'une mère protestante (sans être réellement pratiquante), ils ont choisi de laisser leur enfant libre de choisir sa religion (ce en quoi ils étaient à l'avant-avant-garde !).
Etant l'un et l'autre très honnêtes, ne voulant pas m'influencer, je suis restée toute ma jeunesse sans aucune culture religieuse... et curieusement cela ne m'a pas manqué.

Quelques rares événements m'ont intriguée, mais sans plus.
Ainsi, alors que je déjeunais un vendredi chez une copine et que j'avais du mal à me dépatouiller avec les arêtes de mon poisson, la mère a dit à sa fille : "Evidemment, chez elle, on ne mange pas de poisson le vendredi". Je me suis sentie à part, mais sans comprendre.

Au lycée, beaucoup de mes condisciples faisaient leur première communion et un jour, elles venaient en grande tenue (longue robe blanche assez sophistiquée) distribuer des images souvenir...
Elles m'auraient donné le programme de leur gala de danse, cela m'aurait fait le même effet. Pour moi, chacune avait ses activités extra-scolaires et cela la regardait.

Puis ce fut la guerre et les événements douloureux de l'exode, l'armistice, l'occupation.
J'ai enfin commencé à me poser des questions sur le sens de la vie, l'avenir du monde et éprouvé le besoin de me raccrocher à quelque chose ou à quelqu'un.
Alors que j'étais en vacances chez des cousins et que je partageais ma chambre avec l'une d'elles, je l'ai vue un soir s'agenouiller au pied de son lit ... et ai compris qu'elle faisait là un geste secret mais important. J'ai alors eu l'occasion d'aller à la messe le dimanche avec ces cousins. C'était en latin, je n'y comprenais rien, mais c'était pour moi une démonstration de foi.

Puis j'ai commencé mes études de droit en 1943. Dès le début de l'année, en sortant d'un amphi, un étudiant me dit : "Qu'est ce que vous faites ? Je vais retrouver des amis tout près, venez."
Pourquoi pas ? Et c'est ainsi que j'ai découvert un lieu magique car, dans un local plutôt minable "officiaient" deux dominicains qui animaient plein d'activités spirituelles, caritatives, conviviales ou festives.
Ce fut une révélation !

En rentrant, j'ai dit à mes parents :"J'ai trouvé un lieu super sympa qui s'appelle le Groupe Catholique de la Faculté de Droit" (GCFD).
Réponse de mon père : "Tu n'as pas le droit d'y aller, tu n'est pas catholique".

Et c'est ainsi que j'ai décidé de devenir catholique et ai reçu le baptême la 4-4-44.
A la Pentecôte suivant, j'ai fait le Pélerinage des étudiants à Chartres (sauf qu'au dernier moment on a dû se contenter de Longpont à cause des bombardements ). Ce fut l'enthousiasme !

Conclusion : nul ne sait comment la foi se transmet. Le déclic qui s'est produit lors de ce passage au GCFD, l'étudiant qui l'a provoqué n'a jamais su l'impact de sa démarche. Les voix de Dieu sont impénétrables. Toujours est-il que cette décision m'a comblée tout le reste de ma longue vie et j'en rends grâce.

Quant à transmettre ma foi à mes descendants, je n'ai guère réussi. Mais là aussi j'espère que Dieu veille et cela n'est pas forcément de moi que cela viendra.

Janine Prost
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