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Courrier des lecteurs - Revue N°32 - Novembre 2014

Aux frontières


 
 
Gaëlle a trente ans.
Dès ses seize ans, elle a reconnu son désir d’enfant.
Sa vie de jeune femme a été traversée par plusieurs présences masculines : des garçons de son âge, sympathiques, souvent un peu falots à côté d’elle, je ne sais pourquoi. Préoccupés par leur projet professionnel, pressés de découvrir le monde ou en recherche d’identité ; en tout cas pas prêts à s’engager dans la durée avec elle, encore moins à devenir pères.
Les années passent, avec les galères de boulot, d’argent, l’installation hors de chez les parents, les amis, le chien…
Le désir d’enfant demeure, souterrain.
Il y a trois ans, Gaëlle rencontre Graziella. Je la vois amoureuse comme jamais, mais elle lutte contre ses sentiments : le regard de sa famille lui fait trop peur. Pourtant, six mois après, elles décident de vivre ensemble. C’est un couple où ça valse, où ça tangue, où les mots volent, pleins de colère où de tendresse, c’est selon. Un couple vivant, surprenant : deux personnalités apparemment si opposées, qui au fil du temps dialoguent, se révèlent, se réveillent l’une l’autre. Un couple qui traverse, bon an mal an, le chômage, les déménagements, les difficultés à être reconnu de l’entourage, les trahisons…
Le désir d’enfant est commun, cette fois : la cellule sociale de vie partagée, de solidarité, inclut désormais le projet parental. Dans quelques mois une famille va naître, poussée par une vitalité qui se soucie peu des débats et des manifs autour du « mariage pour tous ». Gaëlle et Graziella vont de l’avant. Leur parcours est souvent aride, plus exigeant que d’autres, plus exposé aussi aux risques d’isolement, plus sommé que d’autres de trouver repères et ressources vives d’humanité.

 
En face de personnes qui cherchent la vie, pour elles, pour d’autres, pour la société où elles donnent d’elles-mêmes également, en face de personnes souvent blessées par le regard des autres, voire marginalisées par leurs proches eux-mêmes, l’Évangile et ceux qui s’en réclament sont convoqués.
Un double devoir d’écoute les attend : à l’image de leur Seigneur, il leur a été donné une « oreille de disciple » (livre d’Isaïe 50, 4). Double écoute, des personnes et de l’Évangile, des situations actuelles et de notre histoire. Un temps ouvert au silence, à la prière, à l’humilité, au dialogue, aux recherches des sciences humaines, à l’œcuménisme peut-être, à la réflexion communautaire. De là peut sourdre une parole vive, non un message préenregistré.
Ne sommes-nous pas, nous ses disciples – ou qui espérons l’être,- provoqués par le Christ incarné ici et maintenant, récapitulant toute chose en lui, à risquer pour et avec ces femmes et ces hommes en marche, une parole de foi, d’espérance et d’amour ?
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