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Expérience de Dieu - Revue N°27 - Janvier 2014

Au service des migrants



Depuis le bidonville de la Courneuve jusque dans une association de soutien aux sans-papiers de Creil, en passant par plusieurs années au Burundi, Annette Godart suit un chemin où Dieu se révèle dans l’en-bas.

Mon chemin avec des migrants commence par une expérience bouleversante : dans les années 60-70, le parc départemental de la Courneuve est un vaste bidonville. Une équipe d’ATD Quart-monde y vit. Je participe, grâce à un aumônier de lycée, à un petit groupe de soutien scolaire pour les enfants du bidonville. Rencontre décapante de la misère, rencontre mystérieuse de Dieu : s’impose à moi la conviction que dans ce lieu où des familles étrangères pataugent dans la boue et cherchent à survivre, Dieu est présent là. Dieu qui se révèle dans l’en-bas.Tu m’as saisie là... et je me suis difficilement laissée saisir.
Cette expérience fondatrice ouvre en moi une triple recherche : le désir du ‘vivre avec’, la recherche de la réponse à donner à l’appel de Dieu et le désir de m’ouvrir à d’autres cultures. Je pars pour plusieurs temps au Sénégal, suivis de trois ans d’enseignement au Burundi. J’y vis la joie de la découverte d’autres cultures et des amitiés fortes. La rencontre de l’autre ne remue pas seulement le cœur mais aussi l’intelligence pour essayer de comprendre un peuple dans son histoire, ses blessures, ses richesses. Rencontrer des personnes « passeurs », d’une culture à l’autre m’a beaucoup aidée. Tout ce qui déroute dans le quotidien m’a rendue plus sensible au mystère des personnes. Désappropriation fondamentale dans la rencontre de l’autre, qui est ‘frère’, mais autre que moi.
Au cœur de ce vécu, la réponse à l’appel de Dieu trouve sa forme. Après avoir été marquée par le « oui » de Marie, un « oui » dans un peuple, mon « oui » à Dieu me fait rejoindre un groupe de laïques consacrées de l’institut séculier Notre-Dame du Travail, de spiritualité ignatienne (voir encadré ci-contre). Cet institut devient le lieu où, pour moi, se construit une unité intérieure et où grandit la foi que Dieu travaille au cœur de l’humanité. J’y découvre davantage que c’est à ce travail de Dieu au cœur du monde que je suis appelée à collaborer à travers la rencontre des migrants, pour que ce soit son œuvre à Lui qui se réalise et non mes projets.
Depuis trente ans, mon chemin avec des migrants se poursuit à Creil. Désindustrialisation, pauvreté, grande diversité culturelle, richesse de la vie associative marquent la ville. Beaucoup de non-migrants et migrants me font bénéficier de leurs compétences mises au service de l’humain. Dans cette ville, j’ai souvent réentendu la phrase de Dieu à Moïse : « La terre que tu foules est une terre sacrée ». Elle m’a soutenue dans mon travail de professeur de français au collège avec des jeunes non-francophones, dans divers lieux d’engagement au service du « vivre et agir ensemble » et dans le dialogue islamo-chrétien. Elle me relance dans l’attention aux personnes, histoires sacrées dans de sacrées histoires de vie ! Plus se creusent en moi la relation à Jésus Christ et le travail de la Parole, plus je me sens appelée, malgré mes infidélités, à être à l’écoute des souffrances et à rejoindre les dynamismes des personnes et des groupes pour y chercher «les semences du Verbe ». Appel intérieur à contempler la Vie de Dieu qui se donne à la Croix pour toute l’Humanité et appel à y porter toute réalité humaine côtoyée. « Tout homme est uni au mystère pascal d’une manière que Dieu seul connaît »,rappelle Gaudium et spes. C’est pour moi une balise importante.
«  J’ai entendu la misère de mon peuple ». Dieu Miséricordieux… Dieu qui a la misère de l’homme dans le cœur. La miséricorde de Dieu est pour moi la source de compassion à laisser vivre en moi. Elle est d’autant plus importante lorsque le chemin se fait rude. Je suis habitée par les situations inhumaines que vivent des personnes sans-papiers que je rencontre dans une association. Plus elles se multiplient, plus grandit en moi le sentiment d’impuissance. Pourtant c’est à laisser convertir, car ce sentiment porte aussi en lui la tentation de toute-puissance qui guette chaque relation d’aide. Je me redis alors la phrase de cet ami prêtre : « Ils n’ont pas besoin de ta puissance, ils ont besoin de ta présence ». Devant tant de gâchis humain, je crie vers Dieu. Et devant les germes de vie au cœur des difficultés, je redis ma foi en Celui qui fait toutes choses nouvelles.
Annette Godart


 

Un institut séculier ignatien : Notre-Dame du travail   

                                                 
L’institut Notre Dame du travail (N.D.T.) est né au début du XXème siècle dans le courant du christianisme social marqué par Rerum Novarum. Ses premiers membres sentent l’appel conjoint à se consacrer à Dieu et à vivre un apostolat social orienté vers la recherche de la justice et la promotion des personnes.
D’abord congrégation religieuse, NDT devient institut séculier en 1949. La constitution apostolique Provida mater ouvre alors la voie à une nouvelle forme de vie consacrée, au sein du laïcat.
Aujourd’hui, ses membres sont des laïques, qui sans quitter leur vie ordinaire, sans communauté de vie, mais avec le soutien d’une vie fraternelle forte, répondent à l’Amour de Dieu par un engagement temporaire puis définitif dans le célibat, par amour préférentiel.
Le charisme de NDT rend particulièrement attentif à tout ce qui déshumanise et détourne l’homme de sa finalité voulue par Dieu. Le Mystère d’Amour du Christ vivant, présent et agissant dans le monde fonde notre vision de l’homme et notre Espérance.
Elles sont aujourd’hui principalement en France (Lyon, Paris, Angers) mais aussi en Belgique, en Algérie, au Congo …

Pour plus d’information : bit.ly/institut-seculier-nd-travail
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