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Expérience de Dieu - Revue N°18 - Juillet 2012

A l’Arche, se laisser aimer

Etienne a vécu dans une communauté de l’Arche pendant un an en tant que volontaire. Un service qui fut chemin initiatique pour une vraie expérience de Dieu.
 

Dans les communautés de l’Arche, on dit que c’est « le monde à l’envers et l’Evangile à l’endroit ».  Ce n’est pas faux !
 
C’est à la suite d’un drame familial suivi quelques mois plus tard par une rupture sentimentale que j’ai pris la décision de vivre pendant une année un volontariat. Je n’avais pas tellement d’autres projets pour la suite. L’urgence pour moi était de trouver un lieu où je pouvais trouver la paix intérieure, et guérir de mes blessures encore bien ouvertes.
 
La Providence m’a guidé vers une communauté de l’Arche à côté de Nantes. Je sentais que vivre à plein temps avec des personnes handicapées mentales permettrait de libérer en moi des énergies jusqu’à présent restées enfouies. C’est ce qui m’a décidé.
 



Au contact de ces personnes, je sens la possibilité de pouvoir être complètement moi-même. Avec elles, pas de jugement. Seulement l’expérience de la rencontre. Elles accueillent chacun comme un ami et cherchent uniquement la relation. Cette dimension du cœur m’a fait le plus grand bien.
 
Cette année là, j’ai vécu différentes expériences spirituelles, mais deux en particulier m’ont profondément marqué.
 

La première fut dans la chambre de Joseph. Un homme de 50 ans, ayant une psychose infantile et qui a été maltraité dans son enfance. D’une nature assez renfermée, il passe son temps à écouter la radio avec son casque, et par moment se bloque pendant des heures sans que l’on sache vraiment pourquoi.
 
Ensemble nous étions en train de faire son sac pour partir en week-end, et j’ai pris le temps avec lui de décider de chaque affaire qu’il voulait emporter. Joseph aime bien qu’on s’intéresse à lui, même s’il ne le manifeste pas toujours extérieurement.
 

J’ai touché la présence de Dieu pendant un très court instant de silence qu’il y eu dans sa chambre entre deux vêtements à mettre dans le sac… Ce temps de silence est venu me caresser l’âme au plus profond. J’ai eu comme l’impression de toucher physiquement du doigt la réalité de l’Amour. Au service du plus faible.
 
Lors d’une formation que l’on a reçue, le formateur a dit cette phrase que j’ai retenue : « Il s’agit de l’accompagner lui, plutôt que de faire quelque chose de lui ». Tout le mystère de la relation et de la dimension infinie de l’Amour m’a été révélé pendant un court instant dans ce temps de silence, insignifiant en apparence, mais rempli de la présence de Dieu. J’ai senti comme une évidence libératrice que Dieu « c’est cela », tout simplement.
 

La deuxième expérience de Dieu qui m’a marquée c’est pendant une semaine de retraite que j’ai faite avec la communauté à Nevers, dans le couvent où l’on peut vénérer la chasse de sainte Bernadette.
 
A l’Arche il y a une tradition de vivre le lavement des pieds en communauté. Nous formons des petits groupes d’une dizaine, et dans une ambiance recueillie, chacun lave les pieds de son voisin à tour de rôle.
 
Quand ce fut mon tour de me faire laver les pieds, j’ai senti à quel point Dieu m’aimait comme un père et voulait me guérir à travers un contact physique dans les parties de mon être les plus abimées et les plus salies. J’ai touché du doigt en partie ce qu’est la Miséricorde divine. Cette façon si délicate, si bienveillante que la personne a eu de s’occuper de mes pieds a pris chez moi une dimension spirituelle tellement forte que j’ai été touché au plus profond de mon cœur.

 
La fragilité
, voilà ce par quoi j’aimerais terminer ce témoignage. Jean Vanier est un grand défenseur des faibles et des plus fragiles, et il nous aide à comprendre en quoi les personnes handicapées mentales nous aident à faire tomber nos barrières de protection pour rentrer dans la relation à l’autre. Une relation authentique, simple, vraie. Un cœur à cœur qui permet d’être soi-même, de s’ouvrir à l’autre, et de se laisser aimer.
 
Mgr Jean-Paul James, évêque de Nantes, a dit cette phrase que j’ai trouvée très belle : « Dieu s’est réservé la science du cœur et vous, personnes avec un handicap mental, en êtes les génies ! ». Quel enseignement pour qui cherche des maîtres à aimer !

 
Etienne de Rivoyre

 


L'ARCHE

En 1964 Jean Vanier rencontre deux personnes ayant un handicap mental, est touché par leur détresse, et leur propose de partager sa vie. Ensemble ils s’installent dans une petite maison à Trosly (dans l’Oise) : L’Arche était née. Aujourd'hui, l'Arche est constituée de 140 communautés réparties sur les 5 continents, dont 30 en France. Elle compte plus de 5000 membres. La communauté est le lieu où se nouent des relations d’amitié entre les personnes ayant un handicap mental, et celles – les assistants – qui ont fait le choix de partager leur vie. Beaucoup de jeunes s’engagent pour un volontariat d’une ou plusieurs années. L’Arche comprend trois dimensions distinctes mais inséparables : la dimension communautaire, la dimension professionnelle et la dimension spirituelle.

www.arche-france.org

www.arche-volontaire.org
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Commentaires des internautes
P.A. le 17/07/2012 à 15:48

J'ai été très touchée par la dernière revue Vie Chrétienne du mois de juillet 2012 et particulièrement par ce témoignage d'Etienne de RIVOYRE "A l'Arche se laisser aimer".

Pour avoir été trés affectée par mon divorce et avoir vécu une dépression profonde à la suite de celui ci, je rejoins l'auteur de ce témoignage dans son désir de se mettre au service, d'être dans la relation, comme façon de guérir de ses blessures.

Ce témoignage est pour moi un soutien pour rechercher et vivre cette mise au service dans mon quotidien.

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