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75 ans de BD chrétienne !

 
Le CRIABD vient de fêter ses 30 ans en novembre dernier
à Bruxelles. A quand peut-on faire remonter la première BD chrétienne ?
 
Cela va faire 75 ans cette année ! La toute première remonte à 1941 dans Spirou. Il s’agit de la vie de
saint Jean Bosco par le dessinateur belge Jijé (Joseph Gillain, né en 1914).
Ce saint, ami des enfants pauvres était aussi le saint
patron de Jean Dupuis, éditeur du journal de Spirou à Charleroi.
En pleine guerre, pour mettre sa maison d’édition sous la protection
du saint, l’éditeur propose de dessiner la vie de ce grand saint.
Jijé en fit 110 pages. Il redessina le tout en 1948. C‘est le premier
best-seller de la BD.
Alors que l’image a toujours été très présente dans le christianisme,
pourquoi la BD chrétienne ne s’est-elle pas plus développée ?

 
Cela tient à ses débuts. On peut faire remonter l’origine de la BD à
1825 avec les premiers gags dessinés.
Le sapeur Camenbert ou Pim Pam Poum n’ont pas donné
une image très sérieuse de la BD à ses prémices. D’ailleurs le nom
en anglais, comics, montre encore aujourd’hui que c’est un art
pris à la légère. Dans le milieu catholique, les BD étaient soit
disant peu convenables. Il faudra attendre Fleurus et Bayard en
France et Averbode en Belgique pour voir les premières BD s’adressant
à un public catholique.
Toutefois, le nom des auteurs n’était pas indiqué, comme si ce n’était
pas une oeuvre. Aujourd’hui encore les noms des auteurs sont
absents de ces ouvrages chrétiens, alors que les fans de BD aiment
à acheter des BD pour retrouver leurs auteurs préférés.
Dommage que la BD chrétienne ait du mal à progresser sur le même élan.
 
Pourtant on constate aussi de bonnes évolutions. Ainsi leur
format ne se contente plus des cases bien connues des BD habituelles.
On peut trouver la Bible sous forme de manga, ou bien des
romans graphiques. Le dernier primé par nos soins en 2015 est
une très belle vie de saint François d’Assise, « Poverello » de Robin
en 600 pages. On est loin des bulles pour enfants.
 
Les chiffres sont parlants sur 5 000 titres de BD francophones
chaque année, seuls 20 sont chrétiens. Pourquoi de si faibles sorties ?
 
Effectivement ! Cela tient au circuit commercial. Ces BD chrétiennes
sont rarement vendues en rayon des librairies ou des centres
commerciaux. A part celles que publient de grands éditeurs
comme Casterman ou Glénat, les BD chrétiennes sont vendues à un
public restreint dans les librairies religieuses. Donc les ventes sont
faibles et cela n’incite pas à en publier plus. C’est dommage car
des BD sur les papes François ou Jean-Paul II pourraient intéresser
un public plus large. Peut-être il y a-t-il une non-volonté de mettre
en avant ces ouvrages.

Quel est le but des BD chrétiennes ? L’évangélisation sous une autre forme ?
 
Bien sûr ce sont de merveilleux outils d’apprentissage, d’évangélisation
et d’initiation à la réflexion religieuse. Nous primons
chaque année à Bruxelles, comme à Angoulême, les meilleurs titres.
Mais tous n’ont pas comme but l’évangélisation. De nouveaux
auteurs s’intéressent à l’Évangile sans pour autant être croyants.
C’est le cas, par exemple de David Ratte qui a dessiné les trois
tomes du « voyage des pères ».
Il se place du côté des pères des apôtres qui s’inquiètent de voir
leurs fils abandonner leur métier pour suivre un nommé Jésus. Le
décalage et l’humour alliés à un regard respectueux ont touché
les chrétiens mais aussi un public plus large. N’étant pas croyant,
son but n’était donc pas l’évangélisation. 
 
Cependant, en suscitant des questions il permet la
réflexion et une approche intéressante de l’Évangile.
D’autres éditeurs peuvent facilement gagner de l’argent en reprenant
l’histoire de la Bible sous forme de BD car il n’y a pas de
droit d’auteur sur le scénario. Là encore le but n’est pas l’évangélisation.
Cependant, même une mauvaise BD peut susciter de bonnes questions.
 
Le CRIABD est aussi international et oecuménique. Comment se traduit cette double caractéristique ?

 
La BD n’est pas aussi répandue et internationale que le cinéma.
Notre bibliothèque, qui comporte 1 000 BD en plus de 40 langues
a été confiée à l’Université de Leuven, dans le cadre du Kadoc
(les 1 300 BD en français étant confiée à l’Université jésuite de
Namur). Des bénévoles dans différents pays relaient les informations.
Nous collectons également des BD bouddhistes, juives, musulmanes.
Le rapport à l’image étant plus complexe dans ces religions,
elles sont peu nombreuses. Pourtant un Coran en BD a été publié
en Tunisie. Le prophète était dessiné de dos ou en silhouette.
 
Propos recueillis par
Marie-Gaëlle Guillet
 

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