Actualités
Archives de la revue

Recherche détaillée >
À faire, à voir
Retrouvez-nous sur
Facebook et Twitter !
La Communauté de Vie Chrétienne
www.cvxfrance.com
Centre spirituel du Hautmont
www.hautmont.org
Saint Hugues
www.sainthugues.fr

« Je suis vivant ! »


 

Après un violent burn-out, Gilles a repris goût à la vie par une lente rééducation par les sens.
 
javascript:void(0)
Pendant longtemps, j'ai traité mon corps comme un maître capricieux qui houspille son chien en tirant sur sa laisse : c'est la tête qui commande, le corps doit suivre sans broncher. Deux expériences m'ont enseigné à me mettre à son écoute.
 
Il y a une douzaine d'années, une double déception professionnelle (une promotion espérée qui me passe sous le nez ; un poste a priori attrayant qui n'était qu'un trompe-l'oeil) ajoutée à une bonne dose de déni ("non, non, ce n'est pas grave…") ont déclenché deux épisodes dépressifs. En quelques semaines, je m'alimentais de moins en moins, j'avais perdu le sommeil. La tête pleine de "il faut faire ceci, et cela…", je continuais à travailler à un rythme important jusqu'à ce que je me retrouve dans l'incapacité d'accomplir la moindre tâche. 
 
J'ai "craqué" physiquement, psychologiquement, spirituellement. Je marchais sur la tête et tout mon être a dit : "Stop". Au fond, ce fut une bonne chose. 
 

La méthode Vittoz

J'ai eu la chance de rencontrer Geneviève, une enseignante de la méthode Vittoz (une thérapie psycho-corporelle de la même famille que la sophrologie), qui m'a appris à me mettre à l'écoute de mes sens, que je considérais jusque-là comme trompeurs ! En effet, je faisais plus confiance à mes constructions mentales (pensées, rêveries, peurs, imaginations) qu'à ce que j'éprouvais corporellement.
 
Geneviève m'a aidé à me rééduquer en travaillant sur l'ouïe, le toucher, la vue, le goût, l'odorat, la respiration, la visualisation. 
 
Je me rappelle de cette sensation extraordinaire qui m'envahissait au sortir des séances : j'entendais le ronron d'un scooter dans la rue, j'humais les effluves de pain sortant de la boulangerie, je sentais l'eau fraîche descendre dans ma gorge et mon estomac ; je voyais le visage des gens que je croisais et le vert intense des bosquets de jardins… Comme l'aveugle ou le sourd, guéri par Jésus dans l'évangile, je m'exclamais à mon tour : "je vois !", "j'entends !", "je sens !", "je suis vivant !"
 

De nouvelles sensations

Geneviève m'a non seulement appris à me reconnecter à mes sens (et donc à être à nouveau capable d'entrer en relation avec moi-même, avec les autres, et avec Dieu), mais elle m'a aussi permis de découvrir que des postures corporelles influent sur mon mental. Se tenir vouté, ou croiser les jambes sous le siège coupe la respiration, empêche une bonne circulation intérieure et génère des pensées noires ("C'est compliqué", "ça ne va pas marcher"). Se redresser, respirer, poser ses pieds bien à plat sur le sol me dégage de tout ce qui m'encombrait : tout me paraît plus simple, plus limpide, plus abordable. 
 
Depuis, chaque matin je m'accorde quelques minutes d'exercices pour commencer ce jour nouveau avec mon corps. Et, parfois, au cours de la journée, je m'isole pour reprendre souffle, repousser des préoccupations envahissantes, clarifier mon regard… 
 

Sur le chemin de Saint-Jacques

La seconde expérience s'est déroulée sur la voie de Tours vers St-Jacques de Compostelle. Un chemin que j'effectue par tronçon avec un ami. Une étape de 38 km nous conduisait à Blois. Le ciel était clair et ensoleillé, l'air léger, ma foulée ample, puissante. Je me sentais bien, plein d'énergie. J'ai avalé les kilomètres sans m'en rendre compte. Le lendemain, ma cheville droite a commencé à gonfler et à devenir très douloureuse. Ma marche est devenue pénible. 
 
De retour chez moi, le médecin m'appris que mon corps n'avait pas supporté l'effort trop intense et qu'il avait ainsi "décompensé". Il n'y avait rien à faire, juste attendre que ma cheville dégonfle. 
 
Ce fut une grande leçon pour moi : ainsi, je pouvais me sentir bien dans ma tête et sur le plan physique et me mettre en péril, sans m'en rendre compte, sur le plan corporel. 
 
Depuis, j'ai appris à ne pas forcer, même si je me sens bien ; à faire un effort progressif et à bien pratiquer des étirements à la fin d'une longue étape. Je me suis mis au pas de mon corps. J'ai appris à l'aimer. Je ne tire plus sur la laisse en criant. Je lui prodigue soin et attention car c'est lui qui me porte.
 
Gilles, 44 ans. 
 
Impression Envoyer à un ami
Commentaires des internautes
Toison Sylvie le 09/01/2013 à 18:45

Ce témoignage e touche tant plus que je suis moi_même dans cette situation de burn-out. Pourrai-je savoir en quoi consiste la méthode Vittoz ?
Et comment la suivre ?

GD le 10/01/2013 à 21:41

Bonsoir Sylvie, merci pour votre commentaire qui me touche également. La méthode Vittoz appartient à la même famille des psychothérapie que la sophrologie.

Elle permet de mettre au repos son cerveau en pratiquant des exercices corporels, fondés sur la respiration et la réceptivité des 5 sens.

Vous pouvez trouver des renseignements sur les sites suivants
http://www.vittoz-irdc.net/spip/
http://www.vittoz-irdc.net/spip/

content lorraine le 13/01/2013 à 17:20

la méthode Vittoz est une psychothérapie à médiation corporelle. Vous pourrez retrouver sur le site de Vittoz IRDC le nom des thérapeuts certifiés. d'autre part étant moi même psychologue et thérapeute Vittoz je vais animer à la maison du Hautmont dans le Nord deux sessions sur Vittoz et peinture une en février et une en juillet. Vous retrouverez toutes les informations sur le site du Hautmont dans le catalogue développement personnel. La thérapie Vittoz fait parti de ce qu'on appelle aujourd'hui la psychologie positive et permet grace aux exercices des réceptivité à son corps de disposer vite d'outils permettant d'aller mieux Même si bien sur ce n'est pas :"miracle" à bientôt peut être et bon courage Lorraine

             1             
Réagir à cet article
Vous devez avoir un compte pour laisser un commentaire.